Ali Benflis a décidé finalement de boycotter l’élection du 18 avril prochain. C’est à l’issue d’une session extraordinaire du bureau politique (BP) de son parti que cette décision a été prise dans l’après-midi d’hier.
Dans une déclaration à la presse, il a annoncé que «le BP, après consultation des membres du comité central et en symbiose avec les aspirations populaires, décide de boycotter cette parodie électorale et de ne pas présenter de candidature à ce scrutin qui, une fois encore, vise à détourner la volonté populaire».
Aussi, et tout en expliquant qu’«une telle élection présidentielle serait complètement en décalage avec les aspirations exprimées par le peuple algérien en marche», le patron du parti a fait observer que «l’élection présidentielle prévue le 18 avril prochain n’est nullement de nature à ouvrir la voie à une solution de la crise». Bien au contraire, «elle ne pourra qu’exacerber la crise et compliquer davantage la recherche d’un consensus pour un changement pacifique, consensuel», considère-t-il.
Dans le même ordre d’idées, l’ancien chef de gouvernement n’a pas manqué d’expliquer que «les manifestations populaires ont vidé de son sens le processus électoral en cours, en rejetant non seulement le 5e mandat mais l’ensemble du système politique en place pour permettre une alternance et l’ouverture de perspectives pour l’instauration d’un Etat de droit et d’un régime démocratique». Faisant observer que «les forces extraconstitutionnelles ont pris en otage notre pays et sont prêtes à l’entraîner dans l’inconnu pour maintenir leur emprise sur la décision politique et économique et préserver leurs avantages et privilèges», il soutiendra que «le message des manifestations populaires est pourtant très clair, porté par des slogans limpides, qui exigent le départ du pouvoir politique en place pour laisser la place à un dispositif de changement démocratique pacifique, pour organiser des élections régulières pour élire des dirigeants ayant toute la légitimité démocratique, la représentativité et la crédibilité, nécessaires pour la solution de la crise, l’établissement d’une gouvernance efficiente, et l’engagement de réformes politiques, économiques et sociales devenues urgentes». Aux yeux de l’ancien chef de gouvernement, qui a gardé le suspense autour de sa candidature jusqu’à la date limite légale de dépôt des dossiers de candidatures, le 5e mandat constitue «une candidature qui ouvre la voie à une emprise plus marquée des forces extraconstitutionnelles opaques sur les leviers du pouvoir, et le renforcement des groupes d’intérêt influents qui squattent les centres du pouvoir et défendent le statu quo».
Benflis estime que la candidature du chef de l’Etat aura pour conséquence «l’immobilisme, la stagnation et la régression pendant que les pays comparables au nôtre continueront à avancer». Dans le même ordre d’idées, il fustigera «l’affairisme, le clientélisme, la corruption et l’impunité qui connaîtront un développement sans précédent». n