En plus de la pétrochimie et de l’agroalimentaire, qui se sont déjà positionnés sur les marchés extérieurs, il existe certains secteurs clés dans l’industrie de base, capables d’améliorer les recettes des exportations hors hydrocarbures du pays, a estimé hier le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi. Dans cette logique, les recettes des exportations de certains produits industriels de base devraient générer 500 millions de dollars au terme de l’exercice 2019, a indiqué dimanche M. Yousfi, lors d’un point de presse animé à l’issue d’une journée d’information sur l’opération de collecte de peaux des sacrifices prévue pour l’Aïd El Adha 2019.
Dans le secteur sidérurgique, les exportations à partir des trois complexes d’acier de Béthioua (Oran), Bellara (Jijel) et celui d’El Hadjar (Annaba), seulement, « devraient dépasser 300 millions de dollars », a-t-il avancé. Le développement de l’acier implique d’autres secteurs comme l’industrie minière pour avoir les minerais qui entrent dans sa composition, a-t-il ajouté. « Cela nous permettrait d’accélérer l’exploitation des gisements miniers », a-t-il soutenu.
Les exportations des matériaux de construction et les produits électroniques et électroménagers ont été également évoquées par le ministre, et chacun de ces deux secteurs devrait rapporter plus de
100 millions de dollars pour l’année en cours, a-t-il poursuivi.
Pour le secteur des textiles, M. Yousfi prévoit des recettes de 10 millions de dollars qui seront générés à partir des exportations effectuées par le complexe de textiles de Relizane.
Le ministre a, par ailleurs, insisté de nouveau sur l’impératif de développer la sous-traitance, notamment dans les industries de base telles la mécanique et l’automobile afin d’augmenter le taux d’intégration nationale dans les produits fabriqués localement. A ce titre, le premier responsable du secteur de l’industrie a annoncé un projet de partenariat entre le groupe public des textiles et cuirs Gitex et certains producteurs de véhicules portant sur la production de 300 000 pièces dont des coussins et appuie-tête. Dans le même contexte, le premier responsable du secteur industriel a insisté sur la valorisation de la matière première, générée par l’abattage des ovins et des bovins notamment à l’occasion de l’Aïd el Adha, où l’Algérie subit chaque année une perte sèche faute d’organisation d’un système de collecte. Pour l’Aïd El Adha 2019, le ministre table sur 2,5 millions de peaux de mouton qui seront collectées à travers les 48 wilayas, rappelant que l’année précédente, plus de 900 000 peaux de mouton ont été ramassées à travers six wilayas pilotes et près 400 tonnes de laines amassées. Quant à la possibilité de lancer des filières de sous-traitance en Algérie, il a estimé que le pays pourrait se placer comme un sous-traitant de cuir au lieu de se limiter à la première transformation. Il a assuré que la sous-traitance de cette matière première permettrait aux professionnels de la filière d’exporter des produits à forte valeur ajoutée vers l’Europe. Pour rappel, la première édition de l’opération de collecte de peaux des sacrifices a été lancée par le ministère de l’Industrie durant l’Aïd précédent à travers six wilayas (Alger, Constantine, Jijel, Batna, Sétif et Oran).