La protesta avait de nouveau rendez-vous, hier, avec la rue, investie par des milliers d’étudiants à travers le pays qui ont exprimé leur refus de la candidature du chef de l’Etat, alors que le délai de dépôt des dossiers de candidature à la présidentielle du 18 avril devait expirer à minuit.

A Alger, des rassemblements ont été organisés à l’intérieur de quelques établissements de l’Enseignement supérieur, ponctués dans certains par des marches sur la voie publique. En effet, des étudiants de la Faculté centrale sont sortis dans la rue malgré un dispositif de sécurité renforcé pour la circonstance. C’est aussi le cas, indiquent des témoignages, au niveau de l’ancienne fac de droit où les étudiants voulaient marcher vers le Conseil constitutionnel, qui recevait les prétendants à la magistrature suprême pour déposer leurs dossiers de candidature. A Sétif, les étudiants sont venus en force des deux universités Ferhat-Abbas (Sétif1) et Mohamed-Lamine-Debaghine pour se croiser devant le siège de la wilaya, où ils ont organisé un rassemblement pacifique. Des milliers d’étudiants ont ainsi répondu favorablement à l’appel lancé pour une manifestation, le 3 mars, dernier jour avant l’expiration du délai de dépôt du dossier de candidature pour la présidentielle. Ce mouvement de contestation a été encadré par les services de l’ordre public. Par ailleurs, les avocats de Sétif ont, eux aussi, observé hier un mouvement de protestation. A Tlemcen, la matinée d’hier a été vécue dans une effervescence toute particulière avec deux marches organisées, l’une par les étudiants et l’autre par les retraités et radiés de l’ANP. Les étudiants de l’université Aboubakr-Belkaïd sont partis d’Imama en direction du siège de la wilaya, point de ralliement avec leurs camarades de la faculté de médecine de Tlemcen. A noter le signalement d’actes de vandalisme (véhicules endommagés) du côté du Grand-Bassin, au moment où se déroulait la marche «martiale» des anciens militaires. A Bouira, les étudiants de l’université Akli-Mohand-Oulhadj ont investi la rue, pour la deuxième fois, pour protester de nouveau contre la candidature du président de la République Abdelaziz Bouteflika. La manifestation s’est déroulée dans le calme et sans incident et a drainé des centaines de marcheurs (plus de 2 500), sillonnant les principales artères de la ville. Des slogans hostiles au pouvoir ont été scandés par les manifestants. Des lycéens ont aussi pris part à cette marche. Les avocats ont, eux aussi, marché dans la matinée d’hier, du siège de la cour à celui de la wilaya. L’appel des avocats n’a pas drainé grand nombre. Ils étaient tout juste une centaine de robes noires au rendez-vous, pour scander «l’avocat est aux côtés du peuple». Moins d’une semaine après leur marche de protestation, les étudiants de Tizi Ouzou ont réédité eux aussi l’opération sous les mêmes slogans. Ils étaient des milliers à battre le pavé dans les artères du centre de la ville des Genêts, dans une marche pacifique qui s’est ébranlée aux environs de 13 heures devant le portail principal de Hasnaoua, pour parcourir plusieurs boulevards, avant de rejoindre l’Hôtel de ville (ex-mairie). A préciser que la composante des carrés des marcheurs était constituée uniquement d’étudiants, sans présence de la moindre couleur politique ou partisane. Un dispositif de policiers en civil a été mobilisé pour encadrer cette protestation pacifique où aucun incident n’a été déploré. Non loin de Tizi Ouzou, des étudiants ont également manifesté à Boumerdès, devant l’université M’Hamed-Bouguera où ils ont réussi à briser l’impressionnant dispositif de sécurité mis en place dès la matinée. L’arrestation d’une dizaine d’entre eux par les policiers n’a pu avoir raison de la détermination de ces étudiants qui ont arpenté les principales artères de la ville. Comme celles qui l’ont précédée, la marche des étudiants organisée, hier, à Boumerdès s’est déroulée dans le calme et la sérénité. Même cas de figure à El Tarf et d’autres régions du pays.<