Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a annoncé, à quelques heures de la clôture de la phase de dépôt de dossier de candidature, que son représentant Abderrezak Makri ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle dans le cas où le président Bouteflika se présente pour un 5e mandat.

Cette condition, qui s’apparente à une position stratégique de la part du MSP, démontre davantage la perplexité du candidat Makri, qui avait pourtant de façon claire affiché son intention de se présenter au prochain scrutin avec son programme «le rêve algérien». Le MSP «ne participera pas à l’élection présidentielle du 18 avril 2019 dans le cas où la candidature du président de la République est confirmée», a souligné, hier, le parti dans un communiqué qui aura ainsi laissé une brèche à une éventuelle participation. Ainsi, l’annonce par le Conseil consultatif du parti du retrait pur et simple dans la matinée n’aura pas été définitive, elle dépendra jusqu’à la fin de la candidature ou non du Président sortant. Abderrazak Makri, parti pour être l’un des candidats les plus en vue de la prochaine élection présidentielle, a décidé finalement de conditionner sa participation. Les manifestations de rue depuis le vendredi 22 février ont visiblement complètement chamboulé la donne. Les dernières heures d’avant la clôture officielle des candidatures auront été celles d’un grand suspense. Sous une pression dantesque, les candidats, ceux qui ont acté leur participation comme ceux ayant lâché l’affaire, ont animé une dernière journée ouverte sur tous les scénarios et rythmée par les rumeurs les plus folles. Après avoir longtemps entretenu le suspense sur le jour du dépôt de sa candidature, Makri a décidé un temps de ne pas prendre part au scrutin avant de conditionner sa participation à celle du président-candidat et attendre. L’intervention de la rue aura finalement bouleversé la stratégie du MSP.
A l’écoute des échos concernant la participation des autres candidats et celle du président candidat, particulièrement, Makri maintiendra un minimum de suspense. Après un débat mouvementé, le conseil consultatif du parti a pris, après vote tard dans la soirée, la décision de se retirer de la course pour la présidentielle, par 145 voix pour et 97 voix contre. Le vendredi 1er mars, le MSP a publié une déclaration où il a apporté son soutien aux manifestations contre le 5e mandat en saluant leur caractère pacifique et civilisé. «Le peuple a clairement exprimé son refus catégorique et définitif du 5e mandat. Il appartient à tous les responsables dans les différentes institutions de l’Etat d’écouter la voix du peuple et d’assumer leurs responsabilités sans aucune hésitation. Qu’ils arrêtent d’imposer l’impensable ! », avait déclaré le MSP. Le parti de Makri a mis en garde contre le remplacement «de la corruption par une autre, et la fraude électorale par une autre». Il est évident que le tumulte de la rue aura finalement fait rebattre les cartes des différents acteurs en présence. La tension exacerbée par les on-dit de tout bord et l’instabilité de la rue aura duré jusqu’à la fin de la journée. Les candidats attendus du côté du Conseil constitutionnel devaient impérativement décider d’une position qui les engagerait irrémédiablement dans l’après. La course contre la montre dans un contexte sous tension aura cadencé les annonces des uns et des autres. Le suspense aura été entretenu jusqu’à la dernière minute. Makri aura conditionné sa participation à celle de Bouteflika, jusqu’au bout… Jusqu’à lâcher prise !n