Réagissant aux interrogations de l’heure, suscitées par l’animation politique qui marque la vie politique du pays dans un contexte préélectoral agité, l’ancien ministre de la Communication Abdelaziz Rahabi, a estimé que les médias, publics ou privés qui, pour cause d’injonction ou d’autocensure, ne reproduisant pas la réalité du terrain et de l’actualité, risquent de ne pas pouvoir récupérer les auditeurs, téléspectateurs ou lecteurs qu’ils perdent pour manque de crédibilité. Les événements qui marquent l’actualité nationale ces derniers jours rappellent cette vérité, souligne M. Rahabi, qui relève que sur le terrain de la communication et de l’information, «les réseaux sociaux se sont substitués aux médias qui se retrouvent dans une position de manque de crédibilité», a-t-il indiqué lors de son passage à l’émission L’invité de la Rédaction, de la Chaîne III, de la Radio nationale. Face à ce type de situation, où l’information circule à grande vitesse, «les réseaux sociaux prennent la place des médias traditionnels, notamment chez les jeunes, qui trouvent en ce type d’outils de communication un moyen rapide et commode leur permettant d’être acteurs dans la gestion de l’information et, de surcroît en relayant les news en temps réel », a-t-il encore observé. Ceci étant, les réseaux sociaux complètent les médias et donc, «il ne faut pas les craindre ou en avoir peur. Ils ne peuvent que refléter la réalité du pays», a précisé l’ex-ministre de la Communication. Il ajoutera que «si le système en place a réussi à contrôler les médias publics et privés par le canal de la publicité, il ne pourra, par contre, pas maîtriser les réseaux sociaux».
Qualifiant la publicité de «principal sponsor de la liberté de l’expression», M. Rahabi regrette que ce domaine ne soit pas réglementé par des textes juridiques. Il existe un vide en la matière qui ouvre la voie à des décisions «politiques pour la distribution de la publicité», a-t-il expliqué. Le diplomate estime que la liberté d’expression est le socle de la liberté de conscience. Et «interdire aux gens de s’exprimer librement est une violation des consciences», dénonce M. Rahabi. «Si on empêche les journalistes de travailler dans des conditions professionnelles, de manière crédible et équilibrée, le citoyen ira chercher l’information ailleurs avec une possibilité de développer une façon de penser contraire à celle que veut le gouvernement», avertit l’ex-ministre.
Alors que l’opinion internationale s’est fait une image d’un peuple algérien violent et agressif, ce dernier a prouvé, à travers les marches contre la candidature du président sortant, qu’il était pacifique. «C’est un peuple violenté, qui n’a pas progressé par une évolution intellectuelle, mais par des ruptures violentes», estime-t-il, appelant à arrêter ce cycle de violences qui donne l’impression d’un peuple violent alors qu’il ne l’est pas. «Le destin collectif ne se conçoit pas dans la confrontation, mais dans le dialogue et les concessions des uns et des autres», a insisté l’invité de la Chaîne III.<