Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a effectué dimanche une rare visite à Aden au Yémen, où il a évoqué avec des responsables du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi les efforts pour rétablir la paix dans le pays. M. Hunt a indiqué sur Twitter être le premier ministre des Affaires étrangères occidental à visiter à Aden (sud), depuis le début, en 2014, du conflit qui oppose les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, au gouvernement yéménite, appuyé par une coalition menée par l’Arabie saoudite. Le chef de la diplomatie britannique a rencontré, selon l’agence officielle Saba, son homologue yéménite Khaled al-Yamani et les deux vice-Premiers ministres Salem al-Kanbachi et Ahmed al-Maysari. L’entretien a été consacré, selon l’agence, à «l’examen de la situation au Yémen et des efforts internationaux pour rétablir la paix» dans le pays. M. Hunt a indiqué sur Twitter avoir rencontré vendredi à Oman, au début de sa tournée dans la région du Golfe, un haut responsable des rebelles Houthis, Mohammed Abdessalam. Il a précisé avoir évoqué avec lui l’application des accords conclus en décembre en Suède, sous l’égide de l’ONU. Ces accords portent notamment sur un cessez-le-feu dans la province de Hodeida (sud-ouest) et un redéploiement des rebelles et des forces du gouvernement pour faciliter l’entrée par voie maritime de l’aide humanitaire destinée à la population yéménite. La trêve est globalement respectée mais le redéploiement des forces a pris du retard. Samedi à Ryad, M. Hunt a rencontré le président yéménite et le ministre saoudien des Affaires étrangères, Ibrahim al-Assaf ainsi que le ministre d’Etat saoudien aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir. Il a ensuite plaidé sur Twitter en faveur de l’application rapide de l’accord conclu en Suède. «Il y a un manque de confiance», a-t-il déploré. «Cela prend trop de temps pour mettre en place (l’accord) de Stockholm mais personne n’a de meilleur plan, donc nous devons nous mettre au travail et mettre fin à cette crise.» Depuis 2015, le conflit au Yémen a provoqué ce que l’ONU décrit comme la pire crise humanitaire du monde, l’immense majorité de la population dépendant de l’aide internationale. Selon l’Organisation mondiale de la santé, quelque 10.000 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées et plus de 60.000 ont été blessées dans les combats depuis 2015. Des ONG estiment que le nombre de morts est largement supérieur, certaines citant un bilan cinq fois supérieur.