Le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, a promis, hier, que son pays entend accélérer le rythme de réduction de sa production de pétrole ce mois de mars afin qu’il soit en phase avec ses engagements conclus le 7 décembre dernier, à l’issue de la dernière réunion Opep-non-Opep, tenue à Vienne, en Autriche. Le ministre russe de l’Energie s’est engagé à réduire l’offre pétrolière de son pays de 280 000 barils par jour conformément aux engagements de son pays avec l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Dans une déclaration à la presse, répercutée par Reuters, Alexander Novak a indiqué que son pays allait se conformer totalement aux décisions issues de la dernière réunion Opep-non-Opep, répliquant ainsi aux informations selon lesquelles la Russie ne contribuait –jusqu’ici- que faiblement aux décisions de réduction de la production des pays de l’Opep et leurs alliés non-Opep. Ces décisions portaient, faut-il le rappeler, sur une baisse journalière de
1,2 million de baril, à raison d’une coupe de 800 000 barils/jour pour l’Opep et de
400 000 barils/jour pour les producteurs non-Opep. Ces décisions ont été mises en application depuis le 1er janvier dernier, ce qui a permis aux cours de remonter la pente, limitant la casse des trois derniers mois de 2018. D’octobre à fin décembre de cette année, les prix du brut ont perdu environ 40% de leur valeur. Les pertes ont été limitées depuis janvier, puisque les cours sont remontés de 20% conséquemment aux décisions de l’Opep, mais aussi à une conjoncture internationale aidante. Les 25 pays qui se sont engagés dans le processus de rééquilibrage du marché au moyen d’une baisse de l’offre devraient se revoir en avril pour une évaluation d’étape. Trois sources de l’Opep, contactées par Reuters, ont exclu que les producteurs puissent prendre de nouvelles mesures en avril. Ils devraient, en revanche, maintenir la même politique de production, renvoyant à la réunion ordinaire de juin prochain, toute décision en relation avec leur stratégie sur le marché. Ces décisions sont tributaires de l’impact des sanctions américaines contre le Venezuela et l’Iran, dont les dérogations accordées par l’administration Trump à huit pays partenaires de l’Iran arriveront à échéance en mai. Selon les mêmes sources, il sera probablement question de prolonger les réductions de la production au-delà de juin 2019, alors que d’autres sources parlent de quelques ajustements en relation avec la baisse de l’offre chez les producteurs exemptés des dernières décisions du 7 décembre dernier. Le déclin est de 700 000 barils/jour, ce qui amènerait l’Opep et ses partenaires à opérer quelques ajustements dès avril. Hier, le marché a repris son souffle après avoir terminé la semaine dernière dans le rouge ; en amorçant une nouvelle tendance haussière, galvanisés par des informations de presse sur les négociations sino-américaines.
Vers 17h30, le baril de Brent pour livraison en mai valait 65,85 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 78 cents par rapport à la clôture de vendredi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour le contrat d’avril gagnait 85 cents, à 56,65 dollars. «Les cours profitent de l’espoir que la Chine et les États-Unis approchent d’une fin à leur conflit commercial, qui pèse sur la croissance mondiale», a résumé Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group. Le Wall Street Journal a rapporté dimanche que les deux plus grandes économies mondiales sont proches d’un accord. Les tensions sino-américaines pèsent sur le cours des matières premières, très dépendantes de la croissance mondiale. Mais ce rebond des prix d’hier ne compensait pas la nette baisse de vendredi.