L’Algérie abritera lundi prochain, à Boumerdès, la première réunion du comité scientifique de l’Institut de recherche sur le gaz, relevant du Forum des pays exportateurs de gaz (Fpeg).

C’est ce qu’a annoncé, dimanche à Alger, le ministre de l’Energie, M. Mustapha Guitouni. Ce dernier s’exprimait lors d’un workshop sur la digitalisation du secteur des hydrocarbures.
Cette thématique s’inscrit en droite ligne avec la stratégie du Fpeg dont les membres avaient décidé, il y a plus d’une année, d’étendre leur coopération à la recherche scientifique et aux techniques novatrices, y compris dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication, en matière de gaz.
Le Forum avait adopté à l’unanimité la décision de créer, en Algérie, un institut de recherche sur le gaz lors du 4e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Fpeg, tenu, en novembre 2017, à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie. A l’occasion de cette réunion, l’Institut fera des propositions relatives aux nouveaux outils dont les pays exportateurs de gaz ont besoin pour faire face à la concurrence dans l’industrie gazière.
L’Institut souligne la nécessité de se doter de données précises sur les coûts de production, l’évolution, les perspectives des marchés gaziers ainsi que sur les investisseurs potentiels.
Le Fpeg est une organisation intergouvernementale créée lors de la 8e session du Forum informel des mêmes pays, tenue à Moscou en décembre 2008. Il est actuellement composé de 12 pays, cinq en Afrique, Algérie, Egypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, trois au Moyen-Orient, Emirats arabes unis, Iran, Qatar, trois en Amérique
du Sud, Bolivie, Trinité-et-Tobago, Venezuela et la Russie. L’organisation gazière n’a, pour le moment, aucune stratégie de rétention des quantités de gaz sur le marché pour faire remonter les prix qui sont au plus bas actuellement. Il faut dire que dans le contexte actuel, elle n’a pas de prise sur les marchés gaziers. Au plan pratique, le Fpeg n’a pas réellement avancé, il s’est contenté de l’installation d’un groupe de travail chargé de proposer de nouvelles stratégies relatives à la réorganisation du marché gazier mondial. L’organisation s’est cantonnée dans une logique théorique et non pragmatique, appelant à la nécessité d’élaborer des études stratégiques globales sur le développement à long terme du marché gazier à travers le monde, notamment par la révision des indicateurs de référence relatifs à la détermination des prix du gaz naturel et à l’adoption d’une tarification rationnelle qui refléterait les avantages de l’utilisation du gaz. Les pays gaziers devraient ainsi étudier et revoir les cours du gaz. Encore faut-il pouvoir le faire. Le Fpeg est fortement soutenu par les poids lourds de l’industrie gazière, à commencer par la Russie et le Qatar. Mais ces deux pays ne souhaitent pas en faire une Opep du gaz.
Le Forum des douze pays exportateurs de gaz, qui détiennent 70% des réserves gazières mondiales, n’a, en fait, aucune intention de se convertir en Opep du gaz. Le forum, dont l’un des objectifs, étant le renforcement des échanges afin de défendre ses intérêts, ne désire pas imposer des quotas sur la production et la vente de gaz, ni imposer des règles sur le marché gazier. Voilà bien un aspect qui mérite toute l’attention voulue de la part des pays consommateurs.
Ces derniers n’accordent, cependant, que peu d’attention au dialogue avec les pays producteurs, alors qu’il existe clairement une nécessité d’action commune à court et à long terme pour mieux réorganiser le marché gazier. Et c’est dans l’intérêt commun que cela doit se faire.