Malgré les efforts consentis par les pouvoirs publics afin de venir à bout des nombreux bidonvilles à Annaba, comme partout ailleurs à travers le territoire national, et malgré les nombreuses opérations de relogement menées ces dernières années, le nombre de baraques et de constructions illicites est en augmentation continue au niveau de la commune d’El-Bouni.
Pas moins de 5 000 baraques auraient été recensées, si l’on se réfère aux derniers chiffres communiqués, avant-hier, par le wali Toufik Mezhoud, lors d’une réunion avec les acteurs de la société civile à Annaba.
Le relâchement et le laxisme de certaines parties ont fait que le phénomène prend des proportions inquiétantes. L’actuel wali, qui était, il y a quelques années, chef de daïra à El-Bouni, a révélé qu’il avait laissé moins de 200 constructions illicites lorsqu’il a été appelé à occuper d’autres fonctions. «Aujourd’hui, il y a plus de 5 000 habitations illicites rien qu’au niveau de cette commune», a-t-il alerté.
Après chaque opération de relogement, des bidonvilles sont rasés pour laisser place à des assiettes de terrain inoccupées. Celles-ci finissent par être gérées par une mafia du foncier qui cède les terrains à des prix allant jusqu’à 50 millions de centimes pour la réalisation de baraques, qui seront cédées à leur tour à des prix avoisinant les 80 millions de centimes. Un business qui réduit à néant tous les efforts des pouvoirs publics quant à l’éradication des bidonvilles à Annaba. n