Après cinq jours de compétition, la 17e édition du Festival culturel national du film amazigh (FCNFA) a pris fin hier. Place au bilan et aux appréciations : les professionnels estiment qu’elle n’a connu aucune particularité, mais a permis aux professionnels du septième art de donner leurs regards et leur réflexion pour le développement du cinéma amazigh.

Le Festival a aussi permis aux jeunes réalisateurs et cinéastes de démontrer leur travail cinématographique quelle que soit la qualité de sa production et de les encourager à améliorer leurs techniques cinématographiques. Pour Salim Aggar, directeur général du Centre algérien de la cinématographie, sur les 23 films ayant concouru pour décrocher l’Olivier d’or, il y a une dizaine d’une qualité professionnelle de haut niveau et qui pourront être projetés dans les manifestations internationales. Alors que les autres restent une expérience pour les réalisateurs. «Certes, il y a un manque de technicité et de créativité dans certains films, mais je salue le commissariat du festival qui a donné une chance à ces jeunes cinéastes».
Salim Aggar a aussi avoué que la régression de la qualité des films cinématographiques en langue amazigh est due essentiellement au manque de moyens financiers dont disposent les producteurs et les scénaristes, mais aussi aux problèmes techniques auxquels ils sont confrontés. Il explique à ce sujet que le cinéma a besoin d’une équipe technique qui a pour mission de veiller sur cette qualité, en l’occurrence un directeur photo, un ingénieur du son et un monteur. D’après le nouveau directeur de la Cinémathèque algérienne, il y a des films long-métrage projetés lors de cette 17e édition du Festival du film amazigh qui sont produits à seulement 60 millions de centimes, ce qui est totalement dérisoire pour ce genre de travail qui nécessite assez de moyens financiers.
Il a affirmé que cette enveloppe ne suffirait même pas pour produire un film court-métrage. «Il y a une ambition de production de la part des cinéastes, malheureusement, ils ne disposent pas de moyens financiers », regrette-t-il. Il met également en exergue, que, malheureusement, beaucoup de producteurs et réalisateurs ne suivent pas le circuit de production, notamment pour saisir le FDATIG et le ministère de la Culture. «Il y a des producteurs qui produisent leurs films dans des boîtes de production, entre amis. Alors que la mise en place d’une société de production composée de professionnels du métier est impérativement essentielle ».
Le directeur général du Centre algérien de la cinématographie a ainsi mis l’accent sur la nécessité de la mise en place d’un plan visant l’amélioration des conditions de travail de ces jeunes cinéastes et producteurs de films cinématographiques. «Ces dernières années, il y a beaucoup d’amateurisme dans le septième art », dira-t-il.
Quant au constat qu’il a fait lors des dernières éditions du Festival du film amazigh, le même interlocuteur a souligné que les réalisateurs et les scénaristes préfèrent produire des films documentaires parce qu’ils ne demandent pas beaucoup de moyens financiers, en s’éloignant des films long-métrage qui nécessitent beaucoup de moyens financiers. En revanche, les courts métrages sont présents lors de ces manifestations, parce qu’ils sont produits par des jeunes talents qui n’ont pas assez de moyens. Salim Aggar a précisé que malgré ces insuffisances, les scénaristes produisent des films documentaires originaux qui répondent aux normes internationales et aux thématiques originales des militants de la cause identitaire berbère, à savoir Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine, Cheikh El-Hasnaoui…
Réagissant à certaines critiques émanant du public sur l’usage du kabyle truffé, qui a dominé le scénario de la quasi-totalité des films projetés durant ce festival, Salim Aggar a affirmé que la langue ne peut pas influer sur le produit cinématographique, mais le plus important c’est que la culture amazighe apparaisse dans le film.