Arrivés par avion d’Alger samedi soir et après s’être promenés toute la journée du dimanche, en compagnie d’un guide, et s’être permis des escapades à travers les sublimes k’sours de Ghardaïa, Bounoura et El Atteuf, les équipages constitués de 30 concurrentes à bord de 15 véhicules 4 x 4 ont pris hier lundi à 9 heures 30 minutes, de l’esplanade du monument de Sidi Abbaz, leur route vers El Goléa, première étape longue de 270 km.
Le signal de départ a été donné, conjointement par Mmes Mennas Djamila, sous-directrice des pôles d’excellence touristiques, et Loubari Amal, sous directrice de l’évaluation des projets touristiques, dépêchées d’Alger le jour même, par le ministre du Tourisme pour le représenter. Elles ont été aussi saluées avant leur départ par le chef de daïra et le maire de Bounoura, ainsi que du directeur de la jeunesse et des sports de la wilaya de Ghardaïa qui ont tenu à souhaiter bonne route à ces charmantes participantes, venues de divers horizons et ayant en commun le goût du voyage, de la découverte et de l’aventure dans les grands espaces qu’offre le Sahara algérien. Ayant provoqué un joyeux embouteillage au carrefour de Sidi Abbaz, sur l’importante et stratégique route nationale N1 sur laquelle elles auront à bouffer l’essentiel de l’asphalte des 2000 km qu’elles auront à « avaler » jusqu’à Tamanrasset, elles se sont mises en file indienne dans les véhicules, encadrées et guidées vers la sortie de la ville par plusieurs véhicules de la gendarmerie et de la police qui ont fait un travail remarquable pour les mettre dans les meilleures conditions possibles de sécurité, ce qu’elles ont beaucoup appréciées. « Je vous remercie pour toutes les attentions dont vous nous entourez. Je suis très contente d’être parmi le groupe et la beauté de cette ville me laisse toute ébahie. Vous avez un pays merveilleux, monsieur le sous-préfet, et je peux d’ores et déjà vous affirmer que je reviendrai et bientôt », a déclaré une participante française s’adressant au chef de daïra. Sabrina, une vieille mamie algérienne, qui a quitté l’Algérie avec ses parents avant l’indépendance ne l’a pas revue depuis 62 « je vous jure que je n’ai pas hésité une seule seconde, en deux temps et trois mouvements, j’avais déjà acheté mon billet et sauté dans un avion pour Alger à partir de Paris. Et malgré les trois heures de retard d’Air Algérie, je ne regrette pas et même que j’ai hâte de continuer vers l’extrême sud. Ça doit être féerique. Mon Dieu quel pays nous avons… » En essuyant ses larmes. Et elle était déjà partie… pour une aventure qui connaîtra son épilogue le 12 mars à Tamanrasset après avoir encore effectué les cinq étapes qui resteraient après El Goléa. En effet, selon le programme qui nous a été remis, les 30 Reines avaleront encore 360 km d’asphalte entre El Menéa et Timimoune, la ville ocre rouge où elles passeront la nuit sur un monticule qui domine la grande sebkha salée, plus exactement dans le camping bien nommé « Mer de sable ». Elles auront à découvrir les merveilleux ksours, notamment N’gueddem à 140 km avant Timimoune, l’oasis rouge, Igli et ses foggaras qui ont traversé des siècles et Ighzer, un ksar parfaitement préservé, les chants millénaires d’Ahellil les accompagneront dans leur sommeil. Le 6 mars, départ vers Reggane, en passant par Adrar et Zaouiet Kounta, sur une distance de 340 km. La caravane dînera et passera la nuit à Zaouia Reggania sous le charme des chants folkloriques.
Le tourisme jamais loin
Le 7 mars détour vers In Salah, pour revenir sur le bitume de la longue route nationale N1, pour une lignée de 453 km, où le groupe passera la nuit à l’hôtel Tidikelt après un copieux dîner et une soirée animée par le groupe traditionnel Tikoubaouine. Le 8 mars, c’est encore 400 km à se taper entre In Salah et Moulay Lahcène avec une halte au fin fond des merveilleuses gorges d’Arak et son oued éponyme où un pique-nique est organisé et où le groupe de la gent féminine fêtera sa journée internationale. À Moulay Lahcène, le groupe rencontrera les autochtones, visitera la Zaouïa et passera la nuit sous une constellation d’étoiles scintillantes dans un bivouac après un bon dîner traditionnel autour d’un feu de camp. L’épilogue de cette longue randonnée sera pour le 9 mars avec l’arrivée des 40 Raideuses, après une dernière étape de 2070 km, dans la capitale de l’Ahaggar, capitale des Touaregs algériens, où elles seront accueillies par les autorités locales. Elles seront hébergées dans un sympathique caravansérail où elles passeront la nuit alors que les véhicules seront acheminés par camions porte-chars vers Ghardaïa. C’est la fin du Raid, mais pas la fin de la découverte du magnifique désert algérien. En effet, le 9 mars, le groupe complet sera embarqué dans des 4X4 qui s’engouffreront dans le merveilleux et majestueux massif du Hoggar, puis escaladeront l’Assekrem qui domine l’Atakor et l’ermitage du Père de Foucauld. Petite halte à la guelta d’Afilal (bassin d’eau) avant d’arriver au sommet et son célèbre refuge, puis montée vers le plateau , à 2706 mètres d’altitude , où le groupe veillera pour admirer le soleil couchant et passer la nuit au refuge. Samedi 10 mars, levée très tôt le matin et remontée vers le plateau de l’Assekrem pour admirer le sublime réveil du soleil, véritable merveille, considéré par les historiens comme le plus beau lever de soleil au monde. Redescente vers la ville de Tamanrasset avec visite du musée de la ville, de la chapelle du Père de Foucauld, du quartier des forgerons, puis retour au caravansérail pour une dernière nuitée avant de regagner Alger le dimanche 12 mars, au petit matin, à 03h25 minutes par avion de la compagnie Air Algérie. Plusieurs chaînes de télévision sont annoncées pour assurer la couverture médiatique ainsi que des chaînes radio et la presse écrite qui sera présente en masse, selon l’organisateur, M’zab tours. Pour ce qui est de l’intendance et ce en sus d’un médecin qui assure la couverture sanitaire du Raid, pas moins de 10 véhicules pour l’encadrement, 4 véhicules pour la presse qui en assure la couverture médiatique , 1 camion Catéring, 1 camion-citerne d’eau de 5000 litres, 2 groupes électrogènes, 1 camion sanitaire (toilettes), un équipement complet pour le bivouac, 1 véhicule atelier mécanique avec mécanicien et une ambulance avec une équipe médicale accompagnent nos charmantes concurrentes. C’est dire que pour en assurer une réussite parfaite le paquet est mis par Toufik Boughali, l’organisateur. En conclusion, Toufik Boughali, l’organisateur et propriétaire de l’agence M’zab Tours, tient à insister à dire que « le Raid des Reines n’est pas une course, c’est une sorte de parade avec des équipages uniquement féminins. Il n’y a pas de chrono, ni de classement. C’est en fait un circuit touristique. » Signalons que la nuit de leur départ, le wali de Ghardaïa, Azzedine Mechri leur a rendu visite dans la résidence traditionnelle dans laquelle elles ont passé la nuit. Il a dîné avec elles et a longuement discuté avec presque chacune d’entre elles. Elles étaient toutes contentes d’avoir en face d’elles le wali de Ghardaïa, qu’elles n’arrêteraient pas d’appeler « Monsieur Le Préfet »… Bon vent mesdames et profitez des merveilleux paysages de notre grande et vaste Algérie… n