« Deux laboratoires spécialisés dans l’analyse des produits alimentaires à base d’organismes génétiquements modifiés (OGM), implantés l’un à Constantine et l’autre à Boumerdès, seront bientôt opérationnels. De plus, la loi réglementant la production et la commercialisation des eaux plates a besoin d’un changement pressant », a annoncé en substance M. Rachid Boudissa, directeur général de l’organisme algérien d’accréditation (Algerac), des organismes d’évaluation de la conformité (OEC). Ce dernier, qui s’exprimait à l’occasion de son passage hier au Forum du quotidien
El Moudjahid, a indiqué à propos des deux laboratoires cités ci-dessus qu’ils font partie des 240 OEC possédant une accréditation et en voie d’être opérationnels.
« Nous avons accordé la priorité de mise en place à 29 d’entre eux, car spécialisés dans des secteurs stratégiques, et aussi en rapport avec la consommation de la population », a expliqué le directeur général, non sans préciser que les 240 OEC sont pluridisciplinaires. Comme il a souligné que le réseau formé de ces OEC « est le meilleur moyen pour réguler le marché local et aussi un moyen efficace pour lutter contre la contrefaçon et veiller à la bonne qualité des produits de consommation proposés à la vente ».
Toutefois, M. Rachid Boudissa a reconnu que la réglementation en vigueur, relative à la conformité des produits, n’est plus au diapason avec les nouvelles exigences des normes et de la qualité, « c’est pourquoi une nouvelle feuille de route s’impose. Autrement dit de nouveaux textes de loi ».
Toujours dans ce sens, il a avoué, à propos des laboratoires en activité, que « la plupart ne sont pas aux normes exigées ». Pis encore, « il n’existe pas chez nous de laboratoire d’étalonnage et, du coup, les mesures se font selon un étalonnage extérieur », s’est offusqué le directeur général d’Algerac.
Interrogé pour donner plus de détails sur les 240 OCE implantés à travers le territoire national, il fera savoir que 50 laboratoires sont spécialisés dans l’agroalimentaire. « Ils vont contrôler les produits importés et les produits exportés », a-t-il lancé. Et de poursuivre dans ce sens : « 20 seront spécialisés dans l’industrie mécanique, notamment les éléments entrant dans le CKD et SKD ». Ainsi, selon Boudissa, « plus aucun véhicule monté en Algérie ne sera vendu sans certificat d’homologation ». Des laboratoires d’analyses vont aussi voir le jour et cibler le secteur des médicaments et celui des textiles. Chose qui était attendue, « car nous ne pouvons plus continuer à nous contenter de document de certification délivré par le fournisseur », a lâché Boudissa. Concernant la stratégie de développer les exportations hors hydrocarbures, notamment les produits agricoles frais, ce responsable a tenu à souligner : «Les exportateurs se doivent de disposer d’un certificat de conformité délivré par un OEC pour éviter que leurs marchandises ne soient interdites d’accès dans le pays de destination. Posséder une certification de conformité, c’est en quelque sorte un droit d’accès notamment en direction de la zone européenne, où la réglementation en la matière est stricte, comme il est inscrit dans la fameuse clé 65 du règlement européen portant sur les conditions d’importation de produit agricole.»
Toujours à propos des exportations vers l’Europe, Boudissa a rappelé que « l’accord d’association avec l’UE va entrer en vigueur en 2020, d’où l’intérêt à ce que nos opérateurs exportateurs de certifier leur productions et, de notre côté, de multiplier les expertises de contrôle des produits importés de l’UE, car il faudra s’attendre à un arrivage important de marchandises provenant de la zone UE par suite du démantèlement tarifaire des droits d’exportation ».
Boudissa a tenu à souligner enfin qu’au niveau international, tous les produits certifiés par les OEC accrédités sont bien accueillis par les pays de destination « depuis qu’Algerac a obtenu sa reconnaissance auprès des instances internationales habilitées en la matière ». Et d‘annoncer enfin, avec beaucoup de fierté, que « cette reconnaissance a été reconduite pour une autre période de quatre ans ».<