Les «mesures d’apaisement» annoncées par Abdelaziz Bouteflika dans sa lettre, lue après le dépôt de sa candidature à la présidentielle par son directeur de campagne, n’ont pas dissuadé les jeunes de sortir à nouveau dans la rue pour exprimer leur désir de changement.
Après les manifestations nocturnes qui ont suivi, dimanche, le dépôt de candidature, le pays s’est réveillé hier avec de nouvelles marches dans plusieurs régions du pays, notamment chez la communauté universitaire qui avait déjà marché dans la matinée de dimanche. A Alger, des étudiants ont occupé le centre-ville, de la place des Martyrs à la rue Didouche-Mourad. Des files de voitures et scooters sillonnaient même les rues à coups de klaxon. Un important dispositif sécuritaire a été d’ailleurs déployé dans la capitale, mais le caractère pacifique des marches a fait que peu d’affrontements.
A Béchar, des centaines d’étudiants venus des différentes facultés de la wilaya se sont rassemblés devant l’université Tahri-Mohamed, avant de marcher dans les rues de la capitale de la Saoura, encadrés par des agents de l’ordre, en scandant «Algérie libre et démocratique», appelant au «changement nécessaire». Les Algériens «n’ont pas demandé des réformes qui ont pour but de maintenir le pouvoir en place», nous dira un étudiant en colère. Pour leur part, les enseignants affiliés au Cnes
préparent une protestation pour aujourd’hui, inscrite, elle aussi, dans le même cadre. Les étudiants d’Oum El Bouaghi ont, eux aussi, organisé une manifestation pacifique scandant haut et fort «silmia, silmia» et accompagnée de youyous. La veille, de nombreux citoyens du chef-lieu de wilaya avaient déjà battu le pavé pour rallier la place Zabana (esplanade de la Cnas) et manifester avant de se disperser dans le calme. A Bordj Bou-Arréridj, le dépôt, dimanche, de la candidature de Bouteflika au Conseil constitutionnel a rapidement été suivi par une manifestation dans la rue, qui a vu une grande foule sillonner les artères de la ville jusqu’à une heure tardive de la nuit. Dans la même journée, les étudiants et des avocats de Bordj Bou Arreridj avaient déjà manifesté à travers une marche, pour les premiers, et un sit-in pour les seconds. La communauté universitaire de Sétif est revenue, elle aussi, à la charge, après les manifestations de mardi et dimanche derniers. Plusieurs centaines d’étudiants et d’enseignants des universités Ferhat-Abbas (Sétif 1) et Dr Mohamed-Lamine-Debaghine (Sétif 2) ont, de nouveau, marché en direction du siège de la wilaya, au cœur du centre-ville et scandé des slogans hostiles au système en place.n