Par INES DALI
C’était une journée des plus ordinaires, hier, au Forum des chefs d’entreprises, alors que certains s’attendaient à quelques remous en raison de la division de ses membres par rapport aux prochaines joutes électorales. Des observateurs avaient laissé entendre que les cas de départ de trois membres de l’organisation patronale, qui comptent parmi les adhérents les plus anciens et les plus fidèles, pouvaient éventuellement avoir un effet boule de neige. Il n’en a pas été ainsi et la maison FCE ne semble pas avoir été ébranlée.
En fait, le président de l’organisation patronale, qui a tout récemment changé de statut pour devenir Confédération syndicale FCE, a vaqué à son travail normalement et s’est rendu à son bureau comme à l’accoutumée, selon une source ayant souhaité garder l’anonymat.
Un membre du FCE a, par ailleurs, déclaré, à Reporters qu’il regrette le départ de ses collègues au sein de l’organisation, mais qu’en même temps il respecte leur choix et leur décision. Il poursuit en souhaitant que «leur départ ne soit pas définitif puisque ce ne sont pas des démissions du FCE», du moins pour deux d’entre eux, allusion à Mohamed-Laïd Benamor, vice-président du FCE (président du groupe agroalimentaire Amor Benamor et président de la Caci), et à Hassen Khelifati (P-dg d’Alliance Assurance), puisque le premier a démissionné de son poste de vice-président du FCE et le second a gelé son appartenance à l’organisation. Mais au sein de la puissante organisation patronale, il n’y a pas que des démissions ou des «gels d’appartenance». Il y a ceux qui continuent à défendre leur syndicat et à lui apporter leur soutien, ne prenant en compte que la donne économique. C’est le cas de Hakim Soufi, président du syndicat services au sein de la Confédération syndicale FCE (P-dg de Massir Vie) qui a fait le choix de rester au sein du FCE.

«Notre patrie a besoin de toutes ses forces vives»
«Je ne démissionnerai pas car il y a du chemin à faire et que ce forum n’appartient à personne. Il est d’abord et avant tout une force de propositions importantes. Je me battrai pour que nos jeunes entrepreneurs y adhèrent, pour qu’il soit complètement apolitique, qu’il se dédie à sa mission originelle et qu’il puisse fédérer tous les chefs d’entreprise qui activent souvent dans des conditions difficiles, mais qui constituent le socle de notre économie. Notre patrie a besoin de toutes ses forces vives, de tous ses enfants, et j’en fais partie», a écrit Soufi sur sa page facebook.
«Je vais être très clair. Je ne suis ni un opportuniste ni un suiveur, je ne me dirige pas où va le vent. Vous me connaissez toutes et tous et vous savez à quel point ma mission dans mon pays se résume à consacrer tout mon temps et toute mon énergie à contribuer, à mon modeste niveau, à élever notre cher pays au rang qu’il mérite», a poursuivi le patron de Massir Vie. Il insiste sur le fait que son choix, il l’a fait d’abord et avant tout dans l’intérêt du pays, en déclarant n’avoir «rien à prouver en termes de patriotisme». «Mon amour pour mon pays se traduit par un travail acharné et sans relâche pour améliorer les choses», a-t-il souligné.
Il réitère encore une fois qu’il ne «démissionnera pas par opportunisme», car, explique-t-il, «le FCE pour lequel j’ai beaucoup donné, m’a, après tout, accueilli et permis de faire avancer les choses dans le domaine des assurances et autres». Et à Soufi de remettre les pendules à l’heure par rapport à certaines déclarations qu’il ne semble pas du tout approuver. «J’insiste sur le fait qu’il existe au sein du forum des gens intègres et patriotes, et je ne peux accepter les généralisations et la stigmatisation systématiques.» Pour rappel, le premier à avoir annoncé son départ de l’organisation FCE est Mohamed Arezki Aberkane, P-dg de Sogemétal, jeudi dernier. Il a été suivi, avant-hier samedi, par Laïd Benamor et Hassen Khelifati. L’organisation patronale compte actuellement plus de 4 000 adhérents.n