Les P/APC et les chefs de daïra de la wilaya de Tipasa étaient présents au rendez-vous de la Chambre de commerce et d’industrie Chenoua (CCIC) qui a organisé, au complexe la Corne d’Or, une rencontre-débat sur l’apport des collectivités locales dans le développement économique, en présence de l’inspecteur général et de nombreux cadres de la wilaya.

Le sujet a semblé intéresser au plus haut point les élus qui étaient nombreux à intervenir pour donner leurs avis et exprimer, aussi, leurs réticences et leurs doutes quant aux opportunités qui leur sont offertes pour s’investir dans la création de richesses pour renflouer les caisses des communes et réaliser des projets au profit de leurs concitoyens.
Les universitaires animateurs de la journée ont, d’emblée, précisé que les collectivités locales sont sommées, à présent, d’avoir un rôle beaucoup plus actif dans le développement économique national, autrement dit de devenir la locomotive locale, conformément à la nouvelle stratégie économique.
L’inspecteur général a mis à profit ce rendez-vous pour expliquer les sept points dont il faudra tenir compte pour un développement harmonieux de la collectivité locale, en rappelant d’abord son rôle classique dans le recouvrement des impôts, la valorisation des biens communaux, l’informatisation de l’administration locale, la décentralisation, la création des entreprises communales, la solidarité intercommunale, la création de de zones d’activités commerciales (ZAC), la révision des PDAU pour le choix de terrains proches de la zone urbaine, le code de la refonte fiscale pour assurer des ressources aux APC, entre autres.
Il a été rappelé que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a, en effet, proposé l’élaboration d’un nouveau code dédié aux finances et à la fiscalité locale, lequel vise un meilleur encadrement et une optimisation des ressources financières des collectivités. Le principal conférencier, Khenissa Ahmed, enseignant à l’Ecole nationale supérieure d’administration de l’université d’Alger, a insisté sur le fait que désormais les élus doivent veiller à tout ce qui peut ramener de l’argent à la collectivité locale.
Le nouveau code des impôts regroupera en un seul document tous les taxes et impôts profitant aux collectivités locales, contenus actuellement dans les différentes lois de finances et autres textes pour les aider à renflouer leurs caisses, dont la plupart ne sont pas en mesure de prendre en charge des projets destinés aux citoyens. Les collectivités doivent chercher des ressources financières pour faire face à leurs dépenses. Il est, désormais, de la responsabilité de chaque wali de laisser son empreinte dans la wilaya qu’il gère à travers la construction d’une économie locale forte et le recouvrement de fiscalité et encourager, voire initier des démarches pour sortir des sentiers battus qui consistent en l’attente du soutien de l’Etat.
Les interventions ont porté sur l’explication des nouvelles modalités pour permettre aux communes, en plus de valoriser leur patrimoine en augmentant, par exemple, les loyers de leurs locaux, de créer des petites entreprises, de contribuer d’une manière significative au développement local.
Le rôle économique de l’APC pour générer des finances a été mis en exergue par les intervenants, en invitant les élus locaux à s’orienter vers le développement en exploitant toutes les opportunités et les potentialités de leur commune. Pour ce faire, il est indispensable que les responsables locaux s’imprègnent et comprennent les nouvelles lois promulguées pour ne citer que la loi 87 relative à l’attribution de 25% de projets des collectivités aux jeunes entrepreneurs. Concernant la fiscalité locale, les APC vont bénéficier de 64 % des recettes collectées, la wilaya de
28 % et le reste sera versé à la caisse des collectivités locales.
Le manque de coordination entre les APC et les différents partenaires, les difficultés d’application des lois, les contraintes que rencontrent les jeunes entrepreneurs et l’insuffisance d’informations sont autant de difficultés soulevées lors des débats.
Le directeur de l’administration locale, Abdelkader Bakhti, a fait une intervention remarquable, démontant tout le processus et les instructions données pour faire de la commune un agent économique, en citant de nombreux problèmes dont celui du foncier industriel, véritable obstacle pour développer l’investissement. Autrement dit, son interrogation s’inscrit dans le sens du proverbe qui dit « mettre la charrue avant les bœufs », car celle-ci n’a aucun pouvoir sur le tissu industriel pour développer les activités créatrices d’emplois et de richesses pour la commune. L’APC vit de grandes difficultés et fait face à de grands défis dont celui de la délégation de gestion, la modernisation qui a un coût important, la faiblesse de la part des communes dans la gestion des surfaces publicitaires, sans oublier le plus important qui est la gestion du foncier industriel. Comment le récupérer et pouvoir en disposer pour lancer ses projets. Ces derniers, dira-t-il, ne manquent pas puisqu’il y a les PCD, les PSD et autres FCCL mais pour avoir ses propres ressources, il faut libérer les initiatives, véritable nœud gordien du développement local. n