Certes l’historien français, Alexis Tocqueville (1805 – 1859), et l’Emir Abdelkader (1808 – 1883) ne se sont jamais rencontrés, mais le premier cité était fasciné par l’autre. C’est ce qu’a affirmé Ali Ziki samedi dernier lors de la conférence-débat organisée à la librairie « Point Virgule » (Alger). La rencontre avait pour « axe » un ouvrage, en l’occurrence la version arabe de  « Ecrits de Tocqueville sur l’Algérie de 1837 à 1847 ». Dr Ali Ziki présentait ainsi la traduction de son livre et c’était l’occasion pour lui d’aborder plusieurs facettes d’Alexis Tocqueville, l’auteur du fameux « De la démocratie en Amérique » (le premier tome a été réalisé en 1835). C’était une véritable mise à nue de l’historien français par Ali Ziki. Le docteur en philosophie a très longuement critiqué Alexis Tocqueville pour le soutien de ce dernier à la colonisation française.

Ainsi, l’Emir Abdelkader a été cité a plusieurs reprises par Ali Ziki. Ce dernier insistait sur le fait qu’Alexis Tocqueville lors de sa venue en Algérie s’était déplacé à Mascara sur les traces du fondateur de l’Etat algérien et cela dans l’espoir d’y découvrir les secrets de sa puissance. «Tocqueville était épris par l’Emir » a affirmé le conférencier  « même s’ils ne se sont jamais rencontrés » (voir vidéo 01).

L’occasion pour le spécialiste en philosophie de revenir sur le parcours de l’enfant de Mascara et sa résistance face au colonisateur français. Il se posera surtout une question : comment un homme de l’envergure de l’Emir a pu être trahi par son secrétaire, Léon Roches, un espion français dans le rôle était primordial dans les déboires militaires des algériens avant 1847 (voir vidéo 02).

Toujours à propos de l’Emir, Ali Ziki, même s’il l’a affirmé avec dépit et tristesse, semble convaincu que celui qui combattu les français durant plus de 17 ans se serait rendu (voir vidéo 03).

Pourtant les faits, l’histoire, sont là pour démontrer que ce n’était pas le cas. Il n’a jamais été question de reddition de l’Emir. Ce qui a été signé le 23 décembre 1847 entre l’Emir Abdelkader et le Général Lamoricière était un armistice. Le but du guerrier algérien était de les combats pour sauver la vie de ceux qui étaient avec lui (1200 alors que l’armée en face était composé de plus de 125 000 militaires).  Le contenu de la lettre du maréchal Guisot à son roi français, en début de l’année 1848, est l’une des meilleures preuves de la signature d’un armistice et non d’une reddition. « Sir, vous ne l’avez pas tué, vous ne l’avez pas capturé, et il (l’Emir, ndlr) vient de remporter un armistice » avait-il écris avant d’jouter « C’est une défaite pour la France. Il faut le détourner de la France et on annonce qu’il s’est rendu ». La propagande coloniale, plus de 170 ans après, a vraisemblablement réussi à tromper même les plus avertis…

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