La période préélectorale que vit le pays est manifestement accompagnée d’une vive tension visible dans les espaces publics. Il arrive, en pareille circonstance, que cette tension atteigne des niveaux très inquiétants, jusqu’à faire craindre le pire.
Au-delà des avis formulés, sans doute sous diverses expressions, et des antagonismes qu’ils suscitent, le présent contexte aura déclenché un véritable déclic au sein de la société. Mais ce déclic ne doit nullement mener vers le désordre.
A l’évidence, ce déclic se traduit par la parole et l’expression plus que jamais libérées de la contrainte. Cette liberté gagnerait à être accompagnée par un sens de la responsabilité.
Les manifestations de rue que connaît le pays ces dernières semaines sont incontestablement la preuve irréfutable d’un déclic qu’il convient d’encadrer par la raison.
Et c’est justement cette raison qui doit guider les comportements et toutes les actions au-delà des objectifs et des finalités recherchés par les uns et les autres.
C’est en privilégiant la raison et la retenue que l’on parvient à maintenir l’ordre, lequel permet à toutes les sensibilités et opinions de s’exprimer sans qu’une partie d’une compétition politique, aussi acharnée soit-elle, ne doit recourir ou subir une violence.
Le maintien de l’ordre est primordial. C’est ce cadre qui permet à des antagonismes d’avoir une existence dans l’espace public et d’œuvrer pour de potentielles adhésions. Rien de plus étonnant à ce que les avis soient contradictoires à l’heure d’une joute électorale.
L’adversité fait, bien entendu, partie de la compétition, elle ne justifie pas, cependant, une remise en cause de l’ordre public, ce lieu que nul n’a le droit d’empiéter.
Les théoriciens comme les militants ont toujours œuvré à ce que les luttes politiques ne sacrifient pas, par l’intensité de leurs expressions ou par les enjeux qu’elles peuvent mettre en compétition, l’ordre public.
Car une faille dans l’ordre public équivaut à une défaite de l’exercice politique. D’où la nécessité de savoir raison garder et d’œuvrer en responsable pour la préservation de l’ordre même quand les passions tendent à déborder !