Le ministre du Commerce, M. Saïd Djellab, regarde l’avenir avec optimisme quand il évoque les exportations hors hydrocarbures. Il semble avoir sérié les problèmes. Mais, également, les domaines où il serait le plus bénéfique de prendre des mesures immédiates destinées à relever la valeur et le volume des exportations.

Lors d’une visite d’inspection qui l’a conduit, dimanche dernier, à la société El Sweedy Cable, dans la région d’Aïn Defla, il a parlé du secteur du ciment, révélant que les exportations de ce produit devraient atteindre les 100 millions de dollars, en 2019, contre 20 millions l’année précédente. Le chiffre paraît excessif ! Le ministre dispose peut-être d’indications sur le programme d’exportation de ciment lui permettant de placer ainsi la barre aussi haut.
Il a ajouté «on est en train de travailler à la mise en place d’une stratégie, qui sera prête fin avril prochain, qui a pour but d’encadrer les secteurs à fort potentiel en matière d’exportation, celui du ciment en est un». On va s’appuyer, a-t-il dit, «sur quelque chose de solide». Djellab a indiqué que les exportations hors hydrocarbures ont atteint 230 millions de dollars, dont 200 millions représentent les recettes d’exportation du ciment et produits électroniques, soulignant que c’est le résultat de la diversification de l’économie nationale. Ces chiffres semblent lui avoir donné des ailes. Quand le ministre du Commerce met l’accent sur la filière du ciment, il confirme en fait ce qui existait déjà avant lui. Les pouvoirs publics y ont, en effet, toujours porté une attention particulière.
Ils ont toujours souligné que le soutien de l’Etat à ce secteur peut engendrer, une fois l’étape d’autosuffisance atteinte, des excédents qu’il faut placer sur des marchés extérieurs. Et, c’est ce qui est en train de se faire. Aujourd’hui, les acteurs intervenant dans l’export de ciment et de clinker ne sont pas rompus à l’exportation. Aussi, essayent-ils d’œuvrer à adapter leurs moyens logistiques pour optimiser les opérations d’export. Cette adaptation est d’autant plus urgente que la concurrence est de plus en plus féroce sur les marchés internationaux. Les cadences de charges de clinker sur les ports d’autres pays peuvent dépasser les 15 000 tonnes par jour. Elles atteignent jusqu’à
10 000 à 12 000 tonnes par jour en Algérie. Il faut dire que le secteur du ciment s’inscrit actuellement dans une nouvelle dynamique. La production a atteint un niveau inégalé depuis plusieurs années et les prix du ciment ont sensiblement baissé au niveau des différents points de vente à travers le territoire national, et ce grâce aux récentes mesures prises par le ministre de l’Industrie et des Mines qui ont permis de réduire la spéculation qui régnait sur le marché.
Un groupe de travail a déjà été installé pour se pencher sur les problèmes de cette filière. Il se donne pour objectif d’insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur du ciment et de stimuler davantage l’activité du Groupe industriel des ciments d’Algérie (Gica). Le groupe, sous tutelle du ministère de l’Industrie et des Mines, a décidé de mettre en place une charte des clients qui régira les relations entre les entreprises de ciment et leurs partenaires dans le but de lutter efficacement contre la spéculation et d’améliorer l’approvisionnement en ciment des entreprises de réalisation et des distributeurs agréés.
Il ambitionne d’exporter entre 1 et 1,5 million de tonnes de sa production. Lafarge, autre producteur, table, lui, sur l’exportation de deux millions de tonnes de ciment à l’horizon 2020.
Il est possible de porter ce chiffre à près de 5 millions de tonnes par an, les années suivantes.<