Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) a réagi aux développements politiques que connaît l’Algérie depuis le début des marches et des manifestations pour le changement, vendredi 22 février.

Ahmed Gaïd Salah, en visite de travail à l’Académie militaire de Cherchell, a évoqué ces développements, mais seulement pour prévenir de leurs conséquences en cas de débordement.
A bien apprécier son intervention, le chef d’état-major de l’ANP n’a, à aucun moment, évoqué l’élection présidentielle du 18 avril 2019 comme il l’a fait dans une précédente déclaration. Il n’a pas non plus semblé avoir d’appréciation de nature à déceler un avis politique précis sur ces manifestations. Hypothèse : il s’est contenté d’une formulation allusivement neutre au centre (du sujet des élections présidentielles et du 5e mandat qui focalise les regards des Algériens et mobilise l’intérêt international pour elle), mais ferme à la périphérie : c’est-à-dire en ce qui concerne les risques de dérapage probables en cas d’absence de décrue de la contestation actuelle. A ce propos, le général de corps d’armée a paru privilégier deux aspects : celui d’affirmer qu’il existe un risque de menace directe à la sécurité nationale incarné par des « parties dérangées » par la stabilité de l’Algérie, des parties qu’il n’a pas identifiées ; celui de rappeler ensuite que le pays se trouve dans un espace géographique et géo sécuritaire dangereux et face auquel il n’est pas permis d’avoir des signes de faiblesse et d’ébranlement en ce qui concerne la cohésion nationale.
« Le fait que l’Algérie a pu réunir les facteurs de sa stabilité, à travers l’éradication du terrorisme et la mise en échec de ses objectifs, grâce à la stratégie globale et rationnelle adoptée, puis grâce à la résistance résolue dont a fait montre le peuple algérien, à sa tête l’Armée nationale populaire, aux côtés de tous les autres corps de sécurité, a déplu à certaines parties qui sont dérangées de voir l’Algérie stable et sûre, mais veulent la ramener aux douloureuses années de braises, lors desquelles le peuple algérien a vécu toute forme de souffrances et payé un lourd tribu », a déclaré Ahmed Gaïd Salah. En vérité, et à moins de s’y tromper lourdement, le message central est que la menace extérieure est suffisamment importante pour s’occuper de risques internes. La rue, croit-on comprendre de son message, ne doit pas devenir une question de sécurité alors que l’ANP, rappelons-le, fait déjà un travail de police, notamment aux frontières contre le trafic d’armes, de drogue et contre le banditisme. Dans l’ambiance surchauffée de l’espace public, le général de corps d’armée convoque l’histoire récente, ses leçons et appelle au bon sens populaire. « Ce peuple digne, authentique et conscient, qui a vécu ces dures épreuves, et subi leurs affres, ne pourra, en aucun cas, mettre en péril sa sécurité et sa quiétude », a appuyé le chef d’état-major de l’ANP. « Nous sommes conscients que cette sécurité et cette stabilité ainsi retrouvées continueront à s’ancrer et s’enraciner, que le peuple algérien continuera à en jouir, et que l’Armée nationale populaire demeurera le garant de cet acquis si cher, grâce auquel notre pays a retrouvé sa notoriété », a-t-il ajouté. Pour Ahmed Gaïd Salah, « ce peuple qui a mis en échec le terrorisme et déjoué ses desseins et visées, est celui-là même qui est appelé, aujourd’hui, de savoir comment se comporter face à la situation que traverse son pays » et « comment s’ériger en rempart contre tout ce qui pourrait exposer l’Algérie à des menaces aux retombées imprévisibles ». Lors de sa visite à l’Académie interarmes de Cherchell, le vice-ministre de la Défense a beaucoup abordé les sujets strictement militaires en mettant en avant le « haut degré de conscience quant à l’impératif de réunir tous les facteurs de force en termes de formation, d’enseignement, de préparation et de professionnalisme sur le terrain » des éléments de l’ANP, et ce, « outre l’emploi judicieux, voire optimal des équipements et des matériels modernes en dotation ».
Pour le général de corps d’armée, «œuvrer à réunir tous ces facteurs constitue, à la fois, un engagement pour la préservation de l’intégrité territoriale de notre chère Algérie ». Et « tout cela dénote, selon lui, clairement l’importance majeure accordée à l’accomplissement des nobles missions assignées dans le but de préserver la sécurité de notre patrie et sauvegarder son indépendance, sa souveraineté et sa stabilité ».<