La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé avant-hier lundi dans la soirée la réouverture d’un des plus importants champs pétroliers, sinon le plus grand, en Libye. Ce site était bloqué depuis décembre par un groupe armé.

Dans un communiqué publié sur son site internet, la NOC a annoncé la levée de la « force majeure » dans le champ d’al-Charara, géré par la compagnie Akakus, une joint-venture entre la NOC, l’espagnol Repsol, le français Total, l’autrichien OMV et le norvégien Statoil. Invoqué dans des circonstances exceptionnelles, l’état de force majeure permet une exonération de la responsabilité de la compagnie en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.Il avait été déclaré en décembre 2018 dans ce champ pétrolier situé dans la région d’Oubari (environ 900 km au sud de Tripoli) qui produit 315.000 barils par jour, sur une production globale libyenne de plus d’un million de b/j, selon la compagnie. La production «devrait reprendre dans les prochaines heures», a précisé la NOC qui a déploré des pertes d’1,8 milliard de dollars à cause de la fermeture du champ depuis décembre. La compagnie a indiqué avoir décidé sa réouverture après le départ des miliciens qui occupaient le site et après avoir été assurée que «la sécurité y a été rétablie ». «Cet épisode coûteux souligne combien il est important que la NOC reste indépendante et ne soit pas victime d’extorsion, ni d’incursion armée », a déclaré le patron de la NOC, Mustafa Sanalla, cité dans le communiqué.

L’ONU se félicite
En réaction à la réouverture du site, hier, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) s’est félicitée de la décision de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (Noc) de lever l’état de force majeure qu’elle avait dû décréter pour le champ pétrolier Charara. Il est impératif de « protéger les installations nationales et d’assurer un environnement sûr pour tout le personnel au profit du peuple libyen », a souligné la Manul, citée par des médias libyens. La NOC a expliqué que sa décision intervient suite à l’engagement des protagonistes de la crise libyenne d’expulser tous les hommes armés de ce champ et de mettre en oeuvre des mesures de sécurité supplémentaires. « Plus jamais un groupe armé ne devrait être autorisé à menacer les travailleurs de la NOC et prendre le pays en otage. Un environnement de travail sûr est impératif pour permettre au pétrole de couler au profit de tous les Libyens », a déclaré le président de la NOC, Mustafa Sanalla.