Une cérémonie commémorative a été organisée mardi à Djebel Boulegroune, dans la commune de Djouab (Médéa), à l’occasion du 61e anniversaire de la mort du commandant Si Lakhdar, l’un des grands chefs militaires de la wilaya IV historique. Une foule nombreuse composée d’anciens moudjahidine de la wilaya IV historique, d’anciens compagnons d’arme du martyr, de proches et de nombreux citoyens anonymes sont venus rendre un hommage posthume à ce valeureux combattant de la liberté, tombé au champ d’honneur, le 5 mars 1958, lors d’un accrochage avec l’armée coloniale, à Djebel Boulegroune, un vaste massif forestier situé dans la commune rurale de Djouab, à 65 km à l’est de Médéa. Le commandant Si Lakhdar, de son vrai nom, Rabah Mokrani, naquit le 6 novembre 1936, au sein d’une famille pauvre, originaire du petit village de Guergour, à l’ouest de l’ex-Palestro (l’actuelle Lakhdaria), dans la wilaya de Bouira. Il entama un bref cursus scolaire dans sa ville natale et se voit confier, à un âge précoce, la mise en place des premières cellules combattantes dans la région de Lakhdaria et Aïn Bessam, dépendant du commandement militaire de la wilaya Iv historique. Si Lakhdar est nommé, tour à tour, chef des unités de combat de choc, affectées dans différentes zones de la wilaya IV historique, puis, chargé, en compagnie du chahid Ali Khodja, de la formation des commandos d’élite de l’Armée de libération nationale (ALN). Ses grandes qualités militaires lui valurent la confiance de son chef hierarchique, le chahid Si-Mhamed Bouguerra, qui lui confia la mission de doter les maquis de la Révolution d’unités combattantes aguerries, l’organisation des structures militaires locales et la planification des opérations militaires, dont beaucoup seront couronnées de succès et lui valurent, grâce aux rudes coups portés à l’ennemi, le titre de «faucon du mont Zbarbar». Mortellement blessé, lors d’un accrochage avec des troupes d’élites de l’armée d’occupation coloniale, dans la nuit du
4 au 5 mars 1958, à Djebel Boulegroune, le commandant Si Lakhdar, succombera à ses blessures malgré les tentatives d’exfiltration entreprises par les éléments de la Katibat Zoubiria, dirigée par le commandant Ali Khodja. Il sera enterré au douar Zenine, en contrebas du Djebel Boulegroune où une stèle fut érigée, à l’indépendance, en hommage à ce chef militaire hors pairs, mort pour la partie à l’âge de 22 ans.