Les étudiants de plusieurs universités du pays sont sortis hier dans la sérénité et le calme pour exprimer de nouveau leur opposition à l’option de la continuité et pour réclamer le changement du système de gouvernance. Une marche à laquelle les enseignants du supérieur ont adhéré, en témoigne leur présence aux côtés de leurs étudiants.
A Alger, au moins 5 000 étudiants, selon les estimations des services de l’ordre, se sont regroupés à la place Audin dans le but de marcher vers El Mouradia, siège de la présidence de la République. Sans heurts ni affrontements. Des policiers, munis de gourdins et de boucliers, se sont déployés au niveau de la rue Didouche-Mourad pour empêcher les manifestants de se frayer une voie vers leur destination de choix. Des camions à canons à eau ont été également déployés, mais les policiers n’y ont pas eu recours. Des barrages devant lesquels les manifestants ont scandé en chœur «policiers et peuple, frères». Les marcheurs ont également entonné le premier couplet de l’hymne national et crié des slogans hostiles au pouvoir en place.
A Béchar, des centaines d’enseignants ont observé un sit-in à l’intérieur de l’université Tahri-Mohamed pour marquer leur soutien et leur adhésion au mouvement populaire qui réclame le départ du système en place. Les étudiants, pour leur part, ont choisi de défiler dans les principales rues de la ville pour faire entendre leur voix. A Sidi Bel Abbès, étudiants et enseignants ont boycotté les cours pour protester contre le maintien de la candidature du président sortant.

Une foule compacte de centaines de marcheurs a sillonné plusieurs artères du chef-lieu de wilaya, avant de converger vers la place du 1er-Novembre, au centre-ville, et se diriger par la suite vers le siège de la Maison de la presse, au quartier le Garden. La marche s’est poursuivie vers les autres artères de la ville sous l’œil vigilant des services de sécurité, qui encadraient le mouvement de protestation sans enregistrer aucun incident fâcheux.
Alors que l’homme d’affaires Issad Rebrab a appelé à l’annulation de la marche, prévue hier à Tizi Ouzou, pour soutenir le groupe Cevital, la communauté universitaire n’en démord pas. Ils étaient des milliers, entre étudiants et enseignants, à descendre dans la rue pour réclamer le départ immédiat du système. Ces derniers se sont donné rendez-vous à l’entrée du campus universitaire pour sillonner ensuite la rue Lamali-Ahmed en passant par celle du 20-Avril-1980 dans le centre-ville et rejoindre la place de l’Olivier.
A Ouargla, précisément à l’université Kasdi-Merbah, enseignants et étudiants de différentes facultés ont organisé un grand rassemblement devant le rectorat pour crier, à l’image de leurs collègues et compatriotes, «non à la continuité». Les manifestants ont parcouru la RN49 de Hay Ennasr jusqu’au centre-ville en scandant des slogans hostiles au régime. Ce mouvement universitaire a été appuyé par les robes noires, qui ont organisé un rassemblement devant le tribunal de Ouargla.
Au cours de la même journée, la communauté estudiantine de Tlemcen a, de nouveau, battu le pavé en scandant «Libérez l’Algérie !». Point de ralliement, le boulevard Pasteur, où les jeunes manifestants devaient observer un sit-in devant le siège de la wilaya.
Même ambiance à Sétif, où les enseignants de l’université Ferhat-Abbas (Sétif1) et de celle de Mohamed-Lamine-Debaghine (Sétif 2) ont observé un sit-in devant les sièges des deux établissements universitaires dès la matinée, en scandantant des slogans contre le régime en place. Ces derniers ont marché vers le siège de la wilaya pour faire entendre leur voix, de nombreux citoyens ont rejoint la manifestation.
A Oran, à l’intérieur des établissements du supérieur, des milliers d’étudiants ont manifesté pour dénoncer la «transgression des lois de la République» et leur rejet du système politique actuel.
Au centre-ville de Annaba, une marche imposante des étudiants s’est déroulée, avec les mêmes mots d’ordre que dans les autres établissements universitaires.
A Boumerdès, outre la communauté universitaire sortie par milliers, des dizaines d’avocats ont organisé un sit-in devant le siège de la Cour pour réclamer un changement radical.
Il en est de même à Béjaïa, où les robes noires ont gelé toute activité et dénoncé les «atteintes» à la Constitution.
La même atmosphère a été observée à Adrar. Même cas de figure à Oum El Bouaghi, où un sit-in à l’intérieur du campus universitaire a été observé par les étudiants et leurs enseignants, avant qu’ils ne se dirigent vers le siège de la wilaya et de se disperser par la suite dans le calme.