Cette rencontre devrait servir à la préparation d’un nouveau cycle de négociations prévu ce mois-ci à Genève.

De nouveaux entretiens entre Marocains et Sahraouis ont lieu à Berlin sous la houlette de l’Envoyé personnel du Secrétaire général l’ONU au Sahara occidental, Horst Koehler. Ce tour de table intervient une semaine après un précédent qui a eu lieu à Paris dans un contexte général marqué par l’espoir que la médiation de M. Koehler aboutisse enfin à des résultats. Depuis sa nomination à la tête de la mission ONUsienne pour le Sahara occidental, une sorte de déclic semble avoir eu lieu, du point de vue même de la partie sahraouie. Il reste à M. Koehler à confirmer ce constat et aller à l’essentiel : briser le statu quo prévalant jusqu’à présent dans le dossier du conflit vieux de plus de quarante ans. Des observateurs pensent cette perspective possible, en particulier depuis que l’administration américaine s’est montrée intéressée durant ces derniers mois par un règlement rapide du dossier, un intérêt marqué par les déclarations de John Bolton. Le Monsieur sécurité dans le cabinet de Donal Trump s’est dit en décembre 2018 « impatient » de voir la question sahraouie réglée. Fin février dernier, Le président du Comité des forces armées du Sénat des Etats-Unis, James Inhofe, en visite dans les camps de réfugiés de Tindouf a assuré «l’engagement du président américain, Donald Trump, à l’égard de la liberté du peuple sahraoui qu’il recouvrera indubitablement». M. Inhofe avait indiqué que la visite dans la région d’une importante délégation américaine «constitue un encouragement aux peuples comme celui du Sahara occidental de recouvrer la liberté». A Berlin, la délégation sahraouie est conduite par le membre du secrétariat national du Front Polisario, Khatri Addouh, président du Conseil national sahraoui, accompagné de M’hamed Khaddad, coordinateur du Front Polisario avec la Mission de l’ONU pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), Fatma Elmehdi, ex-présidente du l’Union des femmes sahraouies, Sidi Mohamed Omar, représentant du Front Polisario auprès de l’ONU et Mohamed Ali Zerouali, Conseiller auprès du Secrétariat du Front Polisario. La réunion de Berlin reflète la « dynamique active adoptée par M. Kohler et sa volonté de rompre avec l’impasse dans laquelle le dossier avait été confiné, notamment en raison de l’attitude du Royaume marocain à poursuivre son occupation du Sahara occidental», souligne une source diplomatique sahraouie. Dans la capitale allemande, la délégation du Front Polisario a réitéré, à l’occasion, son «implication sincère et constructive» dans les négociations sous les auspices de l’ONU, à travers son envoyé personnel, Horst Koehler, qui a, sans cesse, exprimé sa volonté à respecter, sans faille, «les droits légitimes du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance». M. Kohler avait présenté en janvier dernier un briefing au Conseil de sécurité, dans lequel il a invité les parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, à tenir des consultations concernant plusieurs questions liées au processus politique, afin de préparer le deuxième cycle de négociations qui devra se tenir durant le mois de mars à Genève. L’émissaire ONUsien avait organisé, les 5 et 6 décembre 2018 à Genève, une première table ronde avec des délégations marocaine et sahraouie, en présence des pays voisins, l’Algérie et la Mauritanie, alors qu’il est attendu l’annonce de la date de la deuxième table ronde prévue courant mars 2019. A ce titre, le Front Polisario a réitéré sa disponibilité à engager des négociations directes dans un esprit constructif et sérieux sous les auspices des Nations unies en vue de trouver une solution pacifique, juste et durable garantissant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU.n