Le tribunal criminel d’appel près la cour de Skikda a condamné Merzoug Touati (31 ans) à 2 ans de prison ferme et 3 autres avec sursis pour les délits d’incitation de la population à porter les armes contre l’autorité de l’Etat, d’incitation à l’attroupement sur les places publiques, et d’intelligence avec une puissance étrangère susceptible de porter atteinte à la diplomatie algérienne et délit d’incitation à l’attroupement armé, a-t-on constaté. Après la réquisition du parquet qui avait requis cinq ans de prison contre l’accusé, 2 ans de prison ferme et 3 autres avec sursis, ce dernier a été libéré après avoir purgé sa peine (incarcéré en 2017). L’affaire remonte à janvier 2017 lorsque la brigade de cybercriminalité en coordination avec le service central de lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC) a repéré un compte sur un réseau social au nom du bloggeur Touati Merzoug appelant à la rébellion et à l’attroupement à partir de janvier 2017 à Bejaia dans une vidéo contre la loi de finances. Le mis en cause a nié en bloc les accusations assurant avoir appelé à des manifestations pacifiques. L’enquête a révélé que l’accusé a eu des contacts (intelligence) avec des agents de pays étrangers de nature à nuire à la diplomatie algérienne,tenait deux compte sur un réseau social titrés «El Hogra» et «Touati Merzoug», partageait avec d’autres personnes la gestion de la page «citoyenneté israélienne» et correspondait avec des personnes fuyant la justice algérienne et incitant à l’atteinte de l’unité nationale. Le représentant du parquet a souligné dans son réquisitoire que l’accusé était en contact avec le nommé Hassan Kaiba porte-parole des affaires étrangères israéliennes pour les médias arabes et ancien colonel du Mossad israélien et a présenté à ce dernier des informations sur les biens de juifs dans la région d’oued M’zab au moment des évènements de Ghardaïa. L’accusé a également eu des discussions avec la même personne à propos de la déclaration d’un responsable algérien accusant des parties étrangères des évènements de Bejaia début 2016.
L’accusé était également en rapport avec le nommé Yidine Cohen enseignant dans une des universités israéliennes d’origine libanaise à qui l’accusé avait demandé de l’aider à émigrer en Israël en plus de sa relation avec Gabriel Kettaf membre du clergé chrétien et avec Tajo Kodach, un syrien kurde avec qui l’accusé gérait la page «citoyenneté israélienne». La défense a soutenu que l’accusé était journaliste et avait le droit de communiquer avec des étrangers et d’exercer toute activité en rapport avec sa profession et qu’il n’a pas incité à l’attroupement mais seulement repris sur sa page des informations. L’affaire a été renvoyée à la cour de Skikda après que la Cour suprême ait accepté l’appel introduit par l’accusé, condamné à la prison par le tribunal de Bejaia. Le tribunal criminel près la cour de Bejaia a condamné en première instance l’inculpé à 10 ans puis 7 ans après le procès en appel. (APS)