Après Nabni, le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) réagit aux revendications pour le changement portées depuis le 22 février par des manifestations populaires dans plusieurs villes d’Algérie. Dans un communiqué daté du 1er mars, le think tank «salue le sursaut populaire salvateur en faveur du changement». Le Care considère que «les derniers événements politiques par lesquels la population algérienne dans son ensemble s’est exprimée dans le sens du rejet sans appel de l’immobilisme», constituent une «première amorce de changements salvateurs et d’un espoir immense que nous ne pouvons que saluer». Le Cercle de réflexion accompagne sa réaction par des observations et des critiques de l’action économique de l’Exécutif. Il rappelle que «depuis sa création, il a investi toutes ses énergies dans l’animation du débat économique national en s’efforçant, de manière constante et constructive, de prôner le changement du système de gouvernance et de favoriser des réformes structurelles, seule voie ouverte pour concrétiser la diversification économique que toutes les catégories de la population appellent de leurs vœux depuis de très longues années».
«Ces réformes, dont même les autorités politiques en place reconnaissent depuis longtemps le bien-fondé et l’urgence, sont malheureusement restées au stade des discours sans lendemain, en dépit de la détérioration continue des grands équilibres de l’économie nationale depuis la chute des prix pétroliers de l’année 2014», ajoute le Care dans son communiqué. «A ce jour, le déni des réalités économiques persiste, tandis que le système de gouvernance continue de s’arc-bouter autour d’une minorité bureaucratique corrompue. Il s’est même engagé dans une forme de fuite en avant avec cette option dangereuse du financement par la planche à billets de déficits abyssaux du Trésor public, qui n’est rien d’autre, dans la réalité, que le constat de sa faillite économique et une voie ouverte vers une récession économique annoncée», déplore le Care.
«Par le positionnement clair qui a toujours été le nôtre, en tant qu’association préoccupée avant tout par le devenir de l’économie algérienne et par son insertion harmonieuse dans la compétition mondiale, nous sommes bien placés pour savoir que, si de grosses difficultés économiques et budgétaires seront inévitables, au cours des prochaines années, notre pays dispose d’un potentiel immense dont l’exploitation rationnelle, dans le dialogue et loin des dérives de la corruption et des clientélismes, est de nature à apporter des réponses appropriées aux attentes de notre jeunesse et aux exigences d’une justice sociale authentique, au bénéfice de la population algérienne», soulignera le think tank.