Le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), situé à Marseille, accueillera du 7 au 14 mars la 3e édition de la manifestation « Algérie rêvée, Algérie vécue : des regards en miroir » pour « interroger les relations entre la France et l’Algérie », soulignent les organisateurs sur leur site officiel.

Les visiteurs sont ainsi conviés à découvrir une large collection qui englobe un grand fonds muséal très divers composé de photographies, cartes postales, affiches, peintures, objets, manuscrits et textiles retraçant l’histoire croisée de la France et de l’Algérie.
Pour cette troisième édition, autour de l’exposition puisée sur le fonds d’objets conservés au Mucem, des chercheurs, des écrivains et artistes sont conviés «à croiser leurs regards au sujet de ce patrimoine, d’en explorer les richesses – comme les lacunes –, et de réunir, autour des histoires qui le composent, toutes les mémoires dont il est aujourd’hui l’héritage». C’est dans cette esprit que la première rencontre de ce jeudi est intitulée «De Dunkerque à Tamanrasset, l’orientalisme et ses héritages». Cette rencontre mettra ainsi en perspective le début de la relation avec la colonisation où les premières images de l’Algérie sont transmises en France. Elle est suivie d’une présentation des objets exposés dans la vitrine et d’une table ronde avec Nadira Laggoune, Christine Peltre, Anissa Bouayed, Tewfik Hakem. Au programme de cette première, une proposition artistique alliant histoire de l’art et musique avec Cheikh Sidi Bemol en duo avec Abdenour Djemaï.
Pour le 11 mars, la rencontre intitulée «Alger 2035» posera la problématique du patrimoine dans le contexte actuel de l’Algérie et le territoire algérien à l’ère des nouveaux plans d’aménagement et d’urbanisme. Dès lors, les destructions urbaines du temps de la conquête seront revisitées, ainsi que la transformation et le réaménagement «à la française » des villes algériennes par le pouvoir colonial.
Avec la rencontre intitulée « D’ailleurs je suis d’ici. Penser l’algérianité aujourd’hui » sera mis mettre en exergue «une Algérie qui, façonnée par la transmission de souvenirs, d’objets, de photographies familiales, devient souvent plurielle, entre le réel et le rêve».
Ce projet, soulignent les organisateurs sur le site officiel du Mucem, a pu se réaliser également grâce à la riche collection du Musée d’histoire de la France et de l’Algérie (MHFA), dont la création fut initiée au début des années 2000 par la ville de Montpellier, avant d’être abandonnée en 2014. Le Mucem, rappelle-t-on, avait hérité en juillet 2018 de près de 5 000 objets et documents qui étaient originalement destinés au projet du MHFA. n