Le cinéma d’expression amazighe est à la recherche de sa voie. Une quête de sens et d’existence qui restent prisonniers d’une volonté politique sans cesse clamée pour la promotion du film amazigh, mais qui tarde à être suivie d’effet, et de la crise structurelle qui caractérise la cinématographie nationale. On est loin du rêve des pères fondateurs et des pionniers du cinéma amazigh. Avec des œuvres conformes aux normes et aux standards de qualités techniques et esthétiques universellement admis et qui ont marqué de leur empreinte le cinéma algérien.  Abderahamne Bouguermouh, Azzedine Meddour et Belkacem Hadjadj ont ouvert la voie et des perspectives prometteuses pour l’expression cinématographique en tamazight. Hélas ! Les horizons tracés par ces pionniers-militants se brouillent et tous ceux qui s’attendent à l’émergence d’un cinéma algérien d’expression plurielle font figure de nostalgiques ressassant leur déception en attendant des jours meilleurs. Près de trente années après la sortie de la « Montagne de Baya », de la « Colline oubliée » et de « Machahu », et dix-sept ans après l’institutionnalisation du festival du film amazigh, le constat est plus que mitigé. D’année en année, les films en compétition sont rarement à un niveau d’élaboration technico-esthétique et professionnel. L’émergence d’une nouvelle génération qui poursuivrait le chemin tracé par le père de « La Colline oubliée » est entre chien et loup. Dix-sept ans après sa création, le Festival du film amazigh est davantage un paravent politique, un alibi pour donner le change à une volonté affichée pour donner sa place à l’expression de tamazight dans le domaine de l’audiovisuel et du cinéma, qu’une rencontre du 7e art qui devait servir de tremplin pour les films s’exprimant dans cette langue.
Pourtant, des professionnels et non des moindres n’ont pas manqué de lancer des alertes. Le refus d’attribuer l’Olivier d’or lors des éditions de 2011, 2017 et 2019 sonne comme un désaveu à une démarche volontariste qui ne repose sur aucune vision prospective.
En refusant d’attribuer le grand prix du festival, Mohamed Ifticène, qui présidait le jury de l’édition du Fcnfa qui s’est tenu, il y a huit  ans, en 2011, à Azeffoun, et, après lui, Tahar Boukella, président du  jury de l’édition de 2017, et les membres du jury  de la dernière  édition ne se sont pas contenté de diagnostiquer le mal, ils ont aussi proposé des remèdes pour le guérir. Il reste aux pouvoirs publics d’y mettre les moyens et à mettre fin au rituel d’un festival qui a tout l’air d’une rencontre de cinéma de dilettantes et de potaches qui ne passionne plus les foules.n