Le président du parti Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, est revenu hier au Forum de Liberté, sur la dynamique citoyenne que connaît la rue ces dernières semaines. En analysant la situation, l’ex-chef de gouvernement estime que «nous sommes aujourd’hui à un moment d’une sensibilité extrême pour notre pays. Au choix, nous sommes face à la croisée des chemins, face à un tournant ou face à un point de bascule». Le peuple algérien, dira-t-il, a fait preuve d’une «conscience collective extraordinaire» et d’une «maturité politique exemplaire» pour revendiquer un «nouveau contrat social». «Notre peuple n’est pas massivement dans les rues pour de la semoule ou du pain, de l’huile ou du sucre. Notre peuple est dans la rue pour un nouveau contrat social, pour un nouveau pacte national, en somme, pour un nouveau projet politique dont il serait le gardien intransigeant et vigilant», a-t-il dit.
Il s’agit, pour lui, d’un juste retour à l’ordre naturel des choses. Le peuple a décidé de s’imposer comme source de tous les pouvoirs exercés en son nom, «et de fait, ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à une véritable reprise en main par le peuple de son vécu et de sa destinée». «Oui, le peuple a décidé de fixer les règles du jeu qui l’incluent et ne l’excluent plus, de décliner une feuille de route dans laquelle il serait une partie prenante agissante et d’indiquer le cap à suivre qui ne l’abandonnerait pas à la marge du parcours», affirme-t-il.
Pour celui qui a décidé de se retirer de la course électorale après moult hésitations, la lettre envoyée par le président de la République, dans laquelle il annonce une série de mesures destinées à donner des réponses aux revendications populaires, «n’apporte pas de solutions» et a été «perçue comme une persistance dans le défi et la provocation», estime-il. Pour Benflis, le peuple en est arrivé à la revendication de la «refondation de l’Etat national». «Cette lettre est aussi en décalage profond par rapport aux objectifs actuellement fixés par les Algériennes et les Algériens. Après tout, le peuple ne s’est pas levé pour une présidentielle anticipée, pour une conférence nationale dont personne n’ignore le caractère dilatoire, pour une distribution des richesses à partir de la planche à billets, pour un mécanisme d’organisation des élections ou pour une quatrième initiative constitutionnelle», ajoute-il. S’adressant au pouvoir, le président de Talaie El Hourriyet, qui omet de dire que le mouvement citoyen a été un désaveu aux partis politiques, demande maintenant au «régime politique en place» de «prouver qu’il est à la hauteur de son peuple en épargnant au pays des épreuves et des souffrances qu’il ne mérite pas».
Rappelons qu’Ali Benflis a décidé à la dernière minute de ne pas déposer son dossier de candidature à la présidentielle du 18 avril prochain. Une décision qu’il explique par la candidature du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika. Toutefois, il y a lieu de noter que plusieurs personnalités nationales ont appelé Benflis à ne pas déposer sa candidature. Des appels que certains n’ont pas hésité à lancer sur les réseaux sociaux.n