DE BEJAÏA, TASSADIT B.
Les enseignants de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa ont observé, hier, une journée de grève pour tenir une assemblée générale extraordinaire, à l’appel du conseil national de leur syndicat, le Cnes, et ce, afin de débattre de la situation politique qui prévaut à l’échelle nationale. Une situation marquée ces derniers jours, par la multiplication de manifestations pacifiques des citoyens, à travers plusieurs régions du pays, réclamant un « changement de système politique ». Au lendemain de la réussite de la marche pacifique organisée par les étudiants des deux campus de Béjaïa à travers les artères principales de la ville, le collectif des enseignants universitaires s’est réuni, sous la bannière du Cnes, pour exprimer officiellement son« entière adhésion au mouvement initié par le peuple ». Les enseignants universitaires affirment, dans une déclaration rendue publique à l’issue de leur réunion extraordinaire tenue, hier, au campus de Targa Ouzemour, qu’ils s’engagent à « prendre part, à toute action pacifique dont la finalité est la concrétisation des aspirations populaires». A ce titre, ils tiennent à préciser que leurs efforts « s’orientent dans le sens de la concrétisation de l’objectif du changement que la société réclame et qui ne trouve, pour le moment, comme seul espace d’expression que la rue ». Pour les signataires de cette déclaration, le changement attendu par le peuple « exige comme préalable : l’annulation de la présidentielle d’avril 2019 et une refondation totale des institutions de l’État à partir, d’abord, de la mise à l’écart de tous les acteurs qui ont pris part au système politique et qui ont perdu toute légitimité et toute crédibilité aux yeux du peuple algérien».
Les enseignants contestataires considèrent, par ailleurs, que «ce mouvement populaire et légitime exige de demeurer dans la voie pacifique», car, «cette nouvelle République ne doit pas réclamer du sang pour voir le jour», ont-ils mis en garde.
Enfin, les membres de cette assemblée générale extraordinaire ont annoncé une batterie d’actions, toujours pacifiques, notamment, «l’arrêt des enseignements du 10 au 14 mars 2019», l’«ouverture de l’Université à des cycles de débats et des ateliers de formation à la citoyenneté et autour de la non-violence», la «création de cellules de suivi et d’accompagnement pour principalement prémunir le mouvement de tout dérapage pouvant nuire à sa nature pacifique et populaire», «réfléchir à des mécanismes qui pourraient permettre des actions pacifiques et intersectorielles», et, enfin, «faire de l’université une tribune de débats et de réflexion». Ils ont souligné, que les portes de cette dernière sont ouvertes sur le mouvement populaire.n