Le budget alloué au projet de production d’un film sur  l’Emir Abdelkader est revenu sur le devant de la scène, jeudi dernier, lors d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN), à Alger.

Le ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi, a  été interpellé par un député à travers une question portant sur  la transparence  concernant les milliards de centimes dépensés pour un film qui n’a finalement pas vu le jour. En réponse, le ministre a affirmé que le projet de production d’un film sur la vie du fondateur de l’Etat algérien moderne, l’Emir Abdelkader, était toujours « d’actualité», mais que faute de trouver un consensus par rapport au scénario, le compte consacré au financement de cette œuvre cinématographique est «gelé». Soulignant que le projet du film sur l’Emir Abdelkader est maintenu et que le «déblocage des fonds» se fera «pour la production d’un grand film qui serait à la hauteur de cette figure historique». Azzedine Mihoubi a précisé que ce projet, confié au début à l’Agence algérienne du rayonnement culturel (Aarc), a été «gelé» pour des raisons «techniques et logistiques» liées principalement au scénario et au décor. Il a rappelé que, relancé en 2011, le projet a été financé par l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (Onda) à hauteur de 2 milliards de dinars.
150 milliards de centimes dépensés pour un projet en attente
Interrogé sur le fait que  des salaires et des acomptes ont été versés à une partie de l’équipe de tournage  lors de la relance du film, le ministre de la Culture s’est défendu, expliquant que ce sont des procédures standards internationales dans le cadre de respects de contrats entre les différentes parties concernées. Il a affirmé dans ce sens qu’«un acte notarié a été établi entre l’Aarc et le producteur franco-américain portant sur le montant affecté au réalisateur et au producteur» du film. De même, interpellé sur l’utilisation de fonds destinés au projet du film de l’Emir Abdelkader, qui auraient été réaffectés à la production du long métrage sur Ahmed Bey, le ministre de la Culture a répondu qu’aucun centime de ce fonds n’a été utilisé pour d’autres productions cinématographiques. En soulignant, toutefois, que ce sont les costumes et les décors qui avaient été confectionnés pour le projet de tournage du film qui ont été réaffectés pour la production du film Ahmed Bey dans le souci de réduire les coûts de production pour l’Etat algérien. Pour rappel, au mois de septembre 2017, le ministre de la Culture avait déclaré sur le site d’info TSA, face à une énième polémique autour des milliards dépensés pour le projet du film de l’émir Abdelkader, ne pas vouloir «que le film sur l’Émir Abdelkader devienne un feuilleton mexicain». Il avait expliqué, alors, qu’une partie des décors et costumes a été réalisée, mais que le véritable problème était au niveau de la gestion. Il s’agissait en fait d’un problème de scénario, qui n’avait pas réussi à avoir l’aval des plus hautes instances de l’Etat. En effet, trois scénarios ont été écris sur l’Émir Abdelkader. Le premier scénario a été écrit par Boualem Bessaieh en 2011, le deuxième est l’œuvre de Zaïm Khenchelaoui et de Philippe Diaz en 2013. Il y a enfin le scénario de Malek
Aggoun en 2015. Le ministre de la Culture avait toutefois reconnu dans qu’«au début, on s’est trop précipité en sollicitant des techniciens étrangers et en signant des contrats avec eux sans faire attention au budget. De l’argent a été dépensé pour rien. Le budget initial du film était de 200 milliards de centimes. 150 milliards de centimes ont été consommés dans l’achat d’accessoires et de costumes et dans le payement des salaires». Il avait également ajouté que «la première équipe de réalisation n’existe plus. Et nous n’avons pris aucune décision sur la reprise du film. (…) Nous ne refusons pas un partenaire étranger à condition qu’il adhère à notre vision sur l’Histoire et sur la personnalité de l’Émir Abdelkader». Pour rappel, en 2013, un contrat avait été signé entre l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et un studio américain. La réalisation a été confiée à l’Américain Charles Burnett, alors qu’Oliver Stone était producteur exécutif.  La piste américaine a été par la suite abandonnée.

En librairie à partir du 28 mars 2019, le quatrième numéro de la revue annuelle de littérature et de réflexion, «Apulée», publiée par les éditions françaises Zulma, a pour intitulé et thème «Traduire le monde». Ce numéro, illustré de «multiples graphies» et organisé également autour de dossiers, réunit une bonne trentaine d’auteurs (dont Yahia Belaskri qui est également membre du comité de rédaction, Abdelkader Djemaï, Leila Sebbar, Amin Khan) dans lequel ils abordent un thème par lequel «on accède majoritairement aux cultures du monde», comme mentionné dans l’argumentaire. «Plus une langue s’emploie à traduire, plus s’éploient ses capacité inventives. Les grandes heures d’une culture correspondent aux apports décisifs des autres langues, étrangères, toujours plus ou moins apparentées, ne serait-ce que par la vigoureuse, multiforme analogie des espaces symboliques. (…) Ainsi visitera-t-on les langues enfouies, archéologiques, et leurs trésors», indique-t-on dans l’argumentaire. Pour le comité de rédaction, il s’agit, à travers ce numéro, de «relancer et d’exalter l’aventure existentielle dans ses grandes largeurs, à commencer par ces lointains qui nous rassemblent, fidèles à l’appel constant des deux rives et des antipodes, à savoir cette idée toujours neuve de la liberté, dans l’interdépendance et l’intrication vitale des cultures». En outre, les éditions Zulma lancent le Prix Apulée de la Traduction. «Il récompensera un texte court, de littérature ou de réflexion, traduit pour la première fois en français et écrit dans l’une des 6 912 langues du monde par un auteur résidant en Europe». Ce prix sera lancé à l’occasion de Livres Paris (Salon du livre de Paris), le lundi 18 mars, en présence de Yahia Belaskri, François-Michel Durazzo, Hubert Haddad et Laure Leroy. Par ailleurs et pour rappel, la revue «Apulée» a été initiée par Hubert Haddad, en charge de la rédaction. Il est entouré d’un comité de rédaction composé de Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Roblès, Ananda Devi, François-Michel Durazzo, Hubert Haddad, Catherine Pont-Humbert et Éric Sarner. Cette publication annuelle a pour ambition de «parler du monde d’une manière décentrée, nomade, investigatrice, loin d’un point de vue étroitement hexagonal, avec pour premier espace d’enjeu l’Afrique et la Méditerranée», précise l’éditeur dans sa présentation. Chaque numéro de cette publication, qui défend la liberté (des imaginaires et de création), abordera un thème en particulier, selon différents points de vue, avec la collaboration d’artistes de différents horizons, géographiques et créatifs (romanciers, poètes, penseurs, plasticiens…). Trois numéros ont déjà été publiés : il s’agit de «Galaxies identitaires» (2016), «De l’imaginaire et des pouvoirs» (2017), et «La Guerre et la paix» (2018).

La restauration de la Mosquée de Sidi Ghanem relancée
Azzedine Mihoubi, a affirmé, jeudi dernier, à Alger, que son département avait relancé les «procédures pour la restauration de la Mosquée Sidi Ghanem, dans la wilaya de Mila. Une  enveloppe estimée à 140 millions de dinars pour la restauration de ce monument historique, deuxième ancienne mosquée d’Afrique et du Maghreb, est prévue». Après la levée du gel sur l’opération de restauration de cette Mosquée, un bureau d’études algérien a été chargé de l’élaboration d’une étude qui est déjà en cours, a-t-il précisé. La Mosquée Sidi Ghanem, érigée sur les vestiges d’une église romaine par le compagnon du prophète Mohadjer Abu Dinar en l’an 59 de l’hégire (678 apr J-C), est l’une des plus vieilles mosquées d’Afrique remontant aux conquêtes musulmanes en Afrique du Nord.