La décision de la direction nationale du Front des forces socialistes (FFS) portant retrait de ses députés et sénateurs et le cafouillage qui l’avait accompagné vient de coûter son poste au premier secrétaire du parti, Hadj Djilani Mohamed.

L’instance présidentielle du parti a décidé hier de mettre fin aux fonctions de Hadj Djilani remplacé, à titre intérimaire, par Mehenni Haddadou, par ailleurs président de l’Assemblée populaire de la wilaya de Béjaïa.
Le parti a indiqué que son instance présidentielle se réunira dans les brefs délais pour la désignation d’un nouveau premier secrétaire, ajoutant qu’une session du conseil national sera programmé dans un délai ne dépassant pas les 30 jours.
Pour rappel, le parti a décidé, mercredi dernier, de retirer ses parlementaires de l’Assemblée populaire nationale (APN) et du Conseil de la nation. Une décision qui s’inscrit dans le cadre du soutien qu’apporte le plus vieux parti de l’opposition au mouvement populaire en cours dans le pays.
Les parlementaires du FFS devraient remettre leurs démissions au cours de la semaine prochaine aux bureaux des deux Chambres du Parlement, sauf que cette démarche semble ne pas faire l’unanimité parmi les membres du conseil national du FFS. Selon nos sources, certains de ses membres n’ont pas caché pas leur opposition au retrait de leur formation du Parlement.
Ils estiment que l’instance présidentielle n’aurait pas dû prendre une telle décision avant l’ouverture d’un large débat au sein du parti. Cette opposition s’est vite traduite par un communiqué du groupe parlementaire du parti qui contredit le communiqué de l’Instance présidentielle. Dans son communiqué, le groupe parlementaire n’évoque en aucun cas le retrait de l’APN. Il s’est contenté de dire que les députés FFS sont déjà sur le terrain et font leur travail.
La démarche du groupe dénote une résistance de la part d’une partie des députés.
D’après nos sources, entre 5 et 6 députés du parti et un sénateur ainsi que quelques élus APW tentent, depuis mercredi soir, de mobiliser les membres du Conseil national en vue de faire revenir l’instance présidentielle sur sa décision.
Leur argument : le Parlement est un espace qu’ils pourront utiliser pour faire entendre la voix de l’opposition. Ils souhaitent également une large consultation avec les autres formations politiques de l’opposition représentées à l’APN en vue de prendre une décision collective.Voulant faire reculer l’instance présidentielle, les opposants au retrait du FFS du Parlement ont lancé sur les réseaux sociaux des appels pour la tenue d’une session extraordinaire du conseil national du FFS. Un appel lancé en violation des textes internes du parti qui prévoient le dépôt d’une demande officielle signée par deux tiers des membres du conseil national pour pouvoir convoquer une session extraordinaire. Déterminée à concrétiser sa décision sur le terrain, l’instance présidentielle compte aller jusqu’au bout. En effet, le coordinateur de cette instance, le député Ali Laskri, envisage de déposer sa démission au début de la semaine prochaine. Il rendra publique une vidéo qui atteste sa démission, indique une source proche du parti.
Laskri veut donner l’exemple et mettre les autres députés devant le fait accompli. Selon notre source, des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’à la radiation seront prises à l’encontre des parlementaires du FFS qui ne démissionneront pas du Parlement.n