Quelques jours après que le Syndicat national des pharmaciens d’officine ait tiré la sonnette d’alarme sur les risques qu’encourent les pharmaciens avec la vente des psychotropes, c’est au tour du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (Cnop) d’appeler la corporation à la vigilance face au commerce des psychotropes.

Par Wafia Sifouane
Le vice-président du Cnop, Noureddine Mettioui, a insisté, jeudi à Oran, sur le fait que les pharmaciens «encourent énormément de risques d’agressions de la part de délinquants pour la délivrance des psychotropes», les appelant à beaucoup de prudence pour mieux gérer ce dossier sensible. Face au vide juridique observé et relevé par les professionnels concernant la vente de psychotropes, le pharmacien d’officine est aujourd’hui passible de prison, avec des peines pouvant aller de 5 à 15 ans de réclusion criminelle assorties d’une amende de 500.000 à
1 million de dinars pour vente d’un produit psychotrope sans ordonnance, Dans ce sens, Noureddine Mettioui a appelé les pouvoirs publics à prendre des mesures préventives qui mettent le pharmacien à l’abri dans la commercialisation de psychotropes, à travers la délivrance d’un modèle d’ordonnance empêchant toute fraude et la consultation en permanence du fichier des malades qui ont besoin de ces médicaments afin d’éviter tout dérapage. «Certains confrères pharmaciens sont malheureusement en prison à cause de la gestion de ces produits psychotropes. Le pharmacien n’est pas protégé et il est donc important pour nous actuellement de faire preuve de vigilance quant à ces produits, d’où la nécessité d’un poste de pharmacien assistant», a-t-il déclaré. Le pharmacien assistant, dont le poste a été créé avec statut particulier à la faveur de la nouvelle loi sur la santé 18-11, sera le seul et unique professionnel qui disposera de la qualité de remplaçant du pharmacien, a-t-il expliqué, estimant que c’est une solution alternative au manque de postes de pharmaciens d’officine. «Le tissu national est plus que saturé avec près de 12.000 officines et plus de 1.600 diplômés en pharmacie des 11 facultés qui existent à l’échelle nationale», a-t-il souligné, ajoutant «nous appelons les pharmaciens titulaires à recevoir et à accepter, au niveau de leurs officines, les pharmaciens assistants comme confrères assumant la même responsabilité».
Pour rappel, le Snapo, qui avait dénoncé la semaine dernière l’assassinat d’un pharmacien à Oum El Bouaghi, avait exhorté les autorités à accélérer la publication de la liste des psychotropes destinés à des fins sanitaires dans le but de protéger le pharmacien et le malade. Le président du Snapo, le docteur Messaoud Belambri, a affirmé que le pharmacien s’est retrouvé ces dernières années entre «le marteau et l’enclume», notamment avec la vente de médicaments non inscrits dans la liste de psychotropes, à l’instar du Prégabaline classé par la justice comme substance psychotrope, ce qui a entraîné, a-t-il dit, «l’emprisonnement de plusieurs pharmaciens qui ont vendu ce genre de produits dans plusieurs régions du pays».n