Professeur à l’université d’Alger 3, l’enseignant en sciences juridiques, Amer Rekhila a réagi, hier, à la décision du ministre de l’Enseignement supérieur d’avancer la date des vacances universitaires de printemps. Cette trêve, prévue le 21 mars, commence aujourd’hui 10 mars et se poursuivra jusqu’au 4 avril au soir.

Pour le professeur Rekhila, le ministre a «la prérogative d’avancer ou de retarder les dates des vacances» universitaires. «Dans le contexte que connaît actuellement l’université, cette décision n’était pas souhaitable car elle va écourter un calendrier pédagogique déjà insuffisant». Les retards pris chaque année pour commencer les cours ainsi que les absences motivées ou non des enseignants et des membres de l’encadrement « réduisent déjà fortement le nombre d’heures » devant être enseignées. Ces heures perdues, ajoute l’enseignant, sont rarement rattrapées alors que l’enceinte universitaire est le lieu de conflits fréquents qui ne permettent pas le strict respect du calendrier pédagogique.
Et au professeur Rekhila de s’interroger : « Si l’idée de M. Hadjar est d’avancer les vacances pour empêcher des étudiants de prendre part aux manifestations de rue actuelles, je ne crois vraiment pas qu’elle soit bonne. Au contraire ! » « En décidant de chambouler le calendrier du congé pédagogique du printemps, il va mettre les étudiants en vacances forcées, une opportunité pour tous ceux et toutes celles qui veulent manifester de mieux s’organiser pour rejoindre la rue ». « Encore une fois, je ne pense pas que cela soit une bonne initiative d’arrêter les cours avant la date prévue, cela va beaucoup gêner les étudiants qui veulent suivre normalement les cours et terminer normalement l’année ». « La volonté de tout étudiant digne de ce nom est de disposer des heures et des conditions de formation requises soit pour boucler son année soit pour décrocher son diplôme avec succès ». « Aller contre cette volonté est anti-pédagogique », a insisté le professeur.
« Théoriquement, l’année pédagogique à l’université est de neuf mois. Dans la réalité, elle est de sept mois et cette période déjà insuffisante n’est jamais respectée à la lettre », a-t-il ajouté. Il est à noter que la décision de Tahar Hadjar d’avancer la date des vacances de printemps ne concerne pas les fonctionnaires, les techniciens et le personnel de services dans les universités.<