Le 4e prix Mohamed-Khadda d’arts plastiques débute, aujourd’hui, à la Maison de la culture Ould Abderrahmane-Kaki de Mostaganem. Le programme de cette manifestation culturelle, qui se poursuivra jusqu’au 13 mars prochain, verra la participation d’artistes plasticiens d’Egypte, d’Irak, de Syrie, du Maroc, de Palestine et d’Algérie. Il comporte plusieurs activités et concours, qui se dérouleront à la maison de la culture Ould Abderrahmane-Kaki et à la bibliothèque principale de lecture publique Moulay-Belhamissi, annoncent les organisateurs.
Une vingtaine d’artistes algériens venus de plusieurs wilayas seront présents à cette quatrième édition du prix Mohamed-Khadda et animeront un vernissage, dans la soirée de lundi, dans le hall de la galerie d’arts de la Maison de la culture. Par ailleurs, des universitaires feront des communications sur la réalité des arts plastiques, l’art moderne et contemporain, à la bibliothèque publique. Dans le cadre de cette manifestation, dédiée à l’un des plus grand artistes des arts plastiques algériens, afin de sensibiliser et d’impliquer la jeune génération, un concours pour enfants est également organisé, intitulé «Une histoire sur un tableau», sous la houlette de l’artiste Faïza Benyahia. Pour rappel, le prix Mohamed-Khadda d’arts plastiques a été créé en 2014, à l’issue d’un colloque national d’arts plastiques tenu à Mostaganem en 2013. Ce prix a été décroché par les artistes plasticiens Abdellah Benhimer en 2014, Abdellaoui Mourad en 2015 et Taleb Djamel en 2016. En 2017 et 2018, la remise du prix a été ajournée pour des raisons financières.   Mohamed Khadda, né le 14 mars 1930 à Mostaganem, est l’un des fondateurs de l’école d’arts plastiques algériens. Il a entamé son parcours artistique à l’âge de 17 ans avant de s’installer en France en 1952. Il a tenu plusieurs expositions dans le pays et à l’étranger et a contribué au mouvement culturel national en assumant plusieurs responsabilités au ministère de la Culture, au Haut-conseil de la culture et à l’Ecole supérieure des beaux-arts. Mohamed Khadda a fondé, en compagnie d’autres artistes, en 1967,  le groupe Laouchem (Tatouage) et a écrit deux ouvrages, «Pour un art nouveau» et «Feuilles éparses». Visionnaires, les membres du groupe Laoucham aspirent à construire leur liberté créatrice sur le socle de la culture algérienne en s’ancrant au plus profond de la vie des peuples de cette terre, préconisant les signes ancestraux pour bâtir un langage nouveau à venir. Privilégiant ainsi, une recherche de vérité, il s’est agi pour eux, «à partir des grands thèmes formels du passé algérien, de rassembler tous les éléments plastiques inventés ici ou là par les civilisations écrasées hier et aujourd’hui renaissantes», avaient- ils écrit dans leur manifeste. Aujourd’hui, plus que jamais, le parcours artistique de Mohamed Khadda a une résonnance particulière. Pour conclure, citons Mohamed Dib, qui avait écrit en 1994 que «pour avoir su de nouveau faire naître le charme de l’élémentaire, il a fallu que Khadda fût un magicien. (…) Mais ni passé ni présent, ni avenir : dans les toiles, les dessins de Khadda se donnent à lire ce qui, éternel, confond en lui passé, présent et avenir».n