Le Front des forces socialistes (FFS) plonge de nouveau dans une crise interne. Des détracteurs du coordinateur national de l’instance présidentielle du parti Ali Laski ont orchestré un véritable coup de force, vendredi dernier, en vue de reprendre le contrôle des appareils du plus vieux parti de l’opposition. En effet, au moment où les Algériens manifestent par millions dans les rues d’Alger et d’autres villes du pays, des députés accompagnés de quelques membres du conseil national ont tenté d’occuper le siège national du FFS à Alger pour organiser une session extraordinaire du conseil national. A l’ordre du jour de cette session, la destitution du premier secrétaire du parti et la traduction du coordinateur de l’instance présidentielle devant la commission de discipline. Les deux parties se sont affrontées au siège national. Après négociations, un compromis a été trouvé. Il s’agit d’installer un nouveau premier secrétaire national par intérim, en l’occurrence Mehani Haddadou, qui occupe la fonction de président de l’APW de Béjaïa. « L’Instance présidentielle en date du 8 mars 2019 met fin aux fonctions du premier secrétaire national Monsieur Hadj Djilani Mohammed et nomme le camarade Mehanni Haddadou premier secrétaire national par intérim », indique un communiqué du parti. Il ajoute : « Une réunion de l’instance présidentielle va se tenir dans les plus brefs délais pour la désignation d’un premier secrétaire national. Un conseil national sera programmé dans un délai ne dépassant pas 30 jours ». Notons que la décision de l’Instance présidentielle, prise mercredi dernier, de retirer des parlementaires est la goutte qui a fait déborder le vase FFS. La majorité des députés et sénateurs du FFS ont mal accueilli la décision et sont allés jusqu’à remettre en cause son opportunité. Ils estiment que la direction de leur formation politique n’aurait pas dû prendre une telle décision. Certains parlementaires du FFS ont publiquement refusé de démissionner, comme en témoigne le communiqué publié par le groupe parlementaire quelques heures seulement après la décision de retrait prise par l’instance présidentielle.
Les militants du parti ont violemment critiqué l’état dans lequel se trouve leur parti. Des voix se sont élevées pour appeler à la sagesse et au respect des textes internes du parti. D’autres militants déplorent la faible présence du FFS dans le mouvement populaire que connaît le pays ces dernières semaines. Pour eux, le FFS, compte tenu de son passé politique, devait être à l’avant-garde d’un mouvement.<