Par INES DALI
Le front social s’anime chaque jour un peu plus en ces temps de mobilisation citoyenne. Les différents syndicats représentant plusieurs secteurs d’activité ont d’ores et déjà préparé leur calendrier d’actions de la semaine pour maintenir la pression et réitérer leur appel au changement. A commencer par les syndicats autonomes de l’Education nationale qui ne comptent pas lâcher prise et annoncent une grève nationale pour le 13 mars prochain. L’Intersyndicale déclare, dans un communiqué sanctionnant sa réunion en session extraordinaire, suivre de très près l’évolution de la situation que vit le pays et «ne peut donc pas rester en marge du mouvement populaire», étant donné que ses membres sont «des enfants du peuple».
En plus d’avoir appelé les enseignants et l’ensemble du personnel du secteur à «se joindre avec force aux marches citoyennes pacifiques, notamment celles des vendredi», le collectif des syndicats autonomes appelle les travailleurs de l’Education nationale à observer une grève mercredi prochain. Le mot d’ordre est donné pour que ce mouvement soit accompagné par des marches pacifiques, qui démarrent des directions de l’éducation des 48 wilayas à partir de 10 heures. L’Intersyndicale, qui regroupe six syndicats (l’Unpef, le Cela, le Sete, le Cnapest, le Snpest et le Satef), a également décidé de maintenir le boycott de toutes les activités organisées par le ministère de l’Education nationale dans le contexte actuel que vit le pays.
La journée de mercredi prochain verra, également, une autre activité qui intervient dans le sillage du mouvement populaire. C’est celle de la Confédération des cadres de la finance et de la comptabilité (Ccfc) que préside Karim Mahmoudi. En effet, des organisations du secteur des
Finances ont appelé à un rassemblement devant le ministère des Finances le 13 mars pour rejoindre les revendications populaires aspirant au changement. Cette décision intervient au terme d’une rencontre au siège de la Ccfc, à laquelle étaient présents Madjid Ramdani de la Ccfc, Meriem Aïnouz de la Coordination des femmes cadres, Madjid Amrani de la Coordination des receveurs, Hamid Abdelaoui de la Coordination des directeurs financiers et comptables, Nacéra Senhadji de la Coordination des banques et compagnies d’assurances, Mounir Hadj Ali de la Coordination des diplômés en finances et comptabilité et Farida Aïouaz de la Coordination des cadres des postes. Ces organisations parlent de nombreux maux dont souffre l’administration, dont «la gabegie» et de «la corruption qui touche tous les paliers de la société algérienne».
Les organisations du secteur des finances évoquent, également, «l’accaparement des richesses nationales» et font allusion à l’oligarchie, signalant que «durant ces trente dernières années, 1 400 milliards de dollars ont été dépensés, 500 milliards de dollars ont été détournés sous plusieurs formes : blanchiment, surfacturations, actualisations injustifiées des projets». Par ailleurs, le mouvement de protestation des avocats ne faiblit pas. L’Union nationale des barreaux d’Algérie a appelé l’ensemble de ses membres au boycott de toutes les audiences au niveau de toutes les juridictions du pays à partir de lundi 11 mars pour une durée de quatre jours. Des robes noires comptent également organiser des rassemblements de protestation devant les tribunaux et les cours au niveau national. Les avocats qui ont rejoint la contestation populaire ont organisé des marches tout au long de la semaine passée pour réclamer des changements politiques profonds et l’Etat de droit.<