Le développement pétrolier offshore figure parmi les priorités de Sonatrach. Cette dernière devrait d’ailleurs entamer la prospection offshore cette année avec un premier forage prévu durant le deuxième semestre au large de Béjaïa et de Skikda.

Il s’agit d’un projet d’envergure dont l’annonce a été faite vendredi dernier à Houston lors de la 12e édition du Forum algéro-américain sur l’énergie. Il n’est pas fortuit que Sonatrach ait évoqué cela devant le gratin de l’industrie pétrolière américaine.
La compagnie nationale en difficulté en matière d’exploration tente en fait de susciter l’intérêt des grandes entreprises américaines dont certaines sont connues pour leur savoir-faire dans les technologies marines. Elle a établi un calendrier concernant ce projet. De même qu’elle a fourni des données sommaires sur le potentiel en pétrole et en gaz de la zone à explorer. Il a été ainsi souligné que l’acquisition des données sismiques 2D et 3D sera achevée au premier semestre en cours, alors que les volumes associés à ce premier puits sont estimés à plusieurs trillions de mètres cubes de gaz biogénique. Lors d’une session du forum consacré au potentiel offshore en Algérie, Youcef Khanfar, directeur des nouvelles ressources au groupe Sonatrach, a indiqué que la côte ouest du pays est aussi susceptible de contenir du pétrole, avec une extraction prévue à plusieurs millions de barils pour le premier puits qui sera foré dans cette région du pays. Il a également précisé que l’analyse des données sismiques 2D de la côte Est suggère une similitude entre ces réserves et le méga gisement offshore de Zohr découvert en Egypte.
Le site algérien a de quoi séduire ! Evalué à près de 30 trillions de mètres cubes de gaz, le gisement de Zohr devrait permettre à l’Egypte de répondre à une bonne partie de ses besoins en gaz sur plusieurs décennies. Ce méga gisement devrait redonner une indépendance gazière à l’Egypte et la placer au cœur du hub gazier de l’est de la Méditerranée. Pour autant, Khanfar a précisé que seule l’évaluation de la sismique 3D pourra confirmer cette similitude. La prospection des littoraux Est et Ouest est menée en partenariat avec le Français Total et l’Italien ENI. Sonatrach a signé en octobre dernier les premiers contrats d’exploration offshore avec ces deux groupes internationaux, marquant une nouvelle ère dans sa quête vers l’augmentation de sa production d’hydrocarbures.
Le risque exploration est partagé entre les trois groupes, a précisé
Salah Mekmouche vice-président amont du groupe Sonatrach, précisant que le bateau qui va mener la campagne sismique marine au large de Béjaïa et Skikda va arriver de Malte au plus tard fin mars. L’interprétation des données sismiques récoltées prendra, quant à elle trois mois. Mais pourquoi les deux multinationales (ENI et Total) sont intéressées par l’off-shore ? Pour certains, elles espèrent obtenir un financement par le crédit d’impôt sur la production des gisements sahariens, crédit d’impôt introduit par la loi pétrolière de 2005. Il est utile de rappeler qu’en vertu d’un décret exécutif publié au Journal officiel n°12, paru, il y a quelques jours, il est attribué à l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), un titre minier pour les activités de recherche et/ou d’exploitation des hydrocarbures sur le périmètre dénommé «offshore Algérie» d’une superficie de 131 165,44 Km2 et adjacent aux territoires des wilayas d’El Tarf, de Annaba, de Skikda, de Jijel, de Béjaïa, de Tizi Ouzou, de Boumerdès, d’Alger, de Tipaza, de Chlef, de Mostaganem, d’Oran, de Aïn Témouchent et de Tlemcen. L’Etat vient ainsi établir les frontières des sous-zones pour des activités d’exploration et d’exploitation pétrolière en mer.n