Le Musée national des antiquités et des arts islamiques, existant depuis 1897, situé dans l’enceinte du parc de la Liberté à Alger a été vandalisé, dans la soirée d’avant-hier, par un groupe de casseurs, n’ayant aucun lien avec les manifestants qui ont marché vendredi 8 mars, a annoncé le ministère de la Culture dans un communiqué de presse.

Des casseurs non identifiés, profitant de cette occasion, ont provoqué un incendie au niveau de quelques pavillons du musée, considéré comme le plus ancien musée d’Algérie et d’Afrique.  «Des bureaux de l’administration ont été touchés par cet incendie», causant la perte de documents importants, relatifs aux œuvres et à la sauvegarde du patrimoine matériel du pays. La même source, affirme que la Protection civile est intervenue rapidement et a empêché les flammes de se propager aux salles d’exposition du musée qui couvre l’histoire de l’art en Algérie depuis 2 500 ans. Le ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi, s’est rendu sur les lieux afin de «constater les dégâts survenus suite à ce saccage» et «prendre de nouvelles mesures pour renforcer la protection et la sécurité», annonce le même communiqué, ajoutant que «les forces de sécurité nationales ont réussi à sauver une épée datant de l’époque de la résistance populaire». La police ne dispose actuellement d’aucun indice permettant d’identifier les responsables de cet incendie, qui a démarré aux alentours de 17 heures, juste après que les manifestants pacifiques ont rejoint leurs domiciles. «Les services de sécurité poursuivent leur enquête pour identifier les auteurs, des délinquants qui ont profité de ces marches pacifiques pour commettre leur terrible crime contre le patrimoine culturel national et endommager un musée qui couvre des périodes importantes de l’histoire du peuple algérien», estime le communiqué. Des affrontements agressifs entres des délinquants et la police ont eu lieu après cet incendie. Pour rappel, «un groupe d’individus a tenté d’accéder aux anciens pavillons des antiquités la semaine dernière sans causer beaucoup de dégâts», souligne le ministère de la Culture. Le Musée national des antiquités et des arts islamiques comprend deux sections. Une section d’antiquités classiques, dont la collection remonte à 1835, qui regroupe des sculptures, mosaïques et bronzes découverts sur les sites archéologiques d’Algérie. La seconde section est consacrée  à l’art de l’Occident musulman (Algérie, Maroc, Tunisie, Espagne) et du Proche-Orient, qui est venue s’ajouter au fonds initial, en 1846, constitué essentiellement de manuscrits, d’une collection de pièces de monnaie, de tapis et broderies, de céramiques et de travaux sur bois.n