La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a criblé de critiques, hier, les appels à la dissolution des formations politiques.

Lors d’une rencontre organisée, au siège national du parti à Belfort, El Harrach, la patronne du PT a considéré que «ceux qui appellent à la dissolution et au rejet des partis préparent consciemment ou inconsciemment la transformation du sursaut révolutionnaire en un printemps arabe. C’est-à-dire en un chaos sanglant, ou bien préparent le lit à un système politique pire que le système du parti unique qui ne peut être que le fascisme». Louisa Hanoune entrevoit dans ces appels, émanant d’intellectuels, «la dissolution de toutes les structures politiques et sociales de la société pour que la société soit totalement paralysée». A ses yeux, «dresser la jeunesse et le peuple contre les partis politiques sans distinction équivaut à détruire tous les cadres et formes d’organisation politiques et sociales dans la société». Plus fondamentalement, elle estime que l’attitude de ceux qui plaident en faveur de la dissolution des partis «est pour jeter la majorité dans les bras, soit d’un système autoritaire dictatorial, comme cela s’est produit en Egypte, soit d’un protectorat étranger ou encore un système totalitaire». Aussi, et tout en expliquant que «la présence des partis et des organisations permet l’ouverture d’un débat», la patronne du PT fait remarquer que «les centres qui envoient des provocateurs ou des casseurs ont pour objectif de dire à la majorité du peuple, qui cherche la voie de l’émancipation politique et sociale, que le départ du système honni et purifié signifierait le chaos». «Leur objectif est donc de terroriser la jeunesse et les larges couches comme cela s’est produit au Yémen en 2011 quand il y a eu un soulèvement révolutionnaire magnifique avec des milliers de Yéménites», explique-t-elle. Aussi, et tout en appelant à faire la distinction entre l’Etat et le régime, Louisa Hanoune soutient que «les institutions chez nous sont gangrénées par les affaires et l’argent sale. Chez nous, c’est un système autoritaire qui s’est doté d’une façade démocratique artificielle après octobre 88 pour se régénérer et qui a dégénéré maintenant par sa mafiotisation, dans l’oligarchie et dans les partis du pouvoir, et impose son hégémonie par la fraude électorale». Dans le même ordre d’idées, la conférencière dénonce «des forces politiques qui ont des moyens financiers et médiatiques et qui, à partir des capitales occidentales et de certaines capitales arabes du Golfe, depuis le 22 février et même avant, matraquent la jeunesse pour dévier le processus révolutionnaire et lui donner des objectifs politiques qui sont en contradiction avec la démocratie». Et à Louisa Hanoune de lancer vigoureusement : «Alerte aux aventuriers et à ceux qui préparent le pire.» «Le PT est partie prenante de l’aspiration de la majorité à la démocratie. Le PT n’a de leçons à recevoir de personne en matière de militantisme et de sacrifices, notamment de ceux qui veulent confisquer ce mouvement révolutionnaire populaire», tranche-t-elle. Par ailleurs, l’oratrice a dénoncé les «partisans de la continuité qui ont commencé à bouger». «C’est ce qu’on a constaté hier à la Place du 1er-Mai», fait-elle observer.<