Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a estimé, hier, que la situation actuelle du pays exige de la classe politique de définir les méthodes et les actions de nature à permettre à l’Algérie d’appréhender le nouveau départ attendu.
Dans un communiqué, rendu public au lendemain des marches organisées à travers le pays, le RCD a noté qu’«en cette heure grave et porteuse d’espérances, les acteurs de la classe politique comme ceux de la société civile qui ont entendu, compris et accompagné les appels de notre peuple, savent que les carrières et les ambitions ne sont pas à l’ordre du jour».
Pour le parti de Mohcine Belabbas, «il s’agit de concevoir, de définir et de programmer les méthodes et les actions qui permettront à l’Algérie d’appréhender, enfin, le nouveau départ attendu depuis l’indépendance». Il a souligné avoir «toujours appelé et œuvré à l’avènement d’une alternative démocratique concertée, seule perspective à même d’honorer le combat historique du peuple algérien pour son émancipation et de donner une suite positive à la dynamique citoyenne en cours digne de la généreuse mobilisation, engagée essentiellement par notre jeunesse». Sur les marches du vendredi 8 mars, le RCD considère que «les millions d’Algériennes et d’Algériens qui ont défilé le 8 mars 2019 ont définitivement disqualifié le système politique et appellent à l’ouverture d’une nouvelle ère». Saluant cette mobilisation dont «l’exemplarité transcende une scène nationale longtemps dominée par les crispations et les peurs», le RCD a estimé que les manifestants «ont, par là-même, arraché le droit de se donner les institutions de leur choix pour parachever l’indépendance nationale». Pour cette formation de la mouvance démocratique, «cette lame de fond salvatrice de la jeunesse algérienne exige des approches politiques transparentes et publiques qui doivent rompre avec les tractations occultes, souvent synonymes de manipulations renvoyant à des affrontements claniques, qui, outre qu’elles sont à l’origine du désastre national, sont le contraire des prémices qui annoncent l’Algérie nouvelle». Dans ces conditions, ajoute le RCD, «le départ du chef de l’Etat, de son gouvernement et la dissolution du Parlement avec ses deux chambres constituent un Smig pour éviter tout dérapage ou une vaine tentative d’un retour en arrière». Le RCD, rappelle que le Conseil national du parti avait pris, début février, la décision de «rejeter cette énième opération de désignation d’un chef de l’Etat», tout en mettant en garde contre «la tentation d’un règlement de comptes entre chapelles politiques par institutions interposées». Dans la même résolution il avait été fait état d’une «déliquescence institutionnelle et de délabrement social qui excluent toute mobilisation en faveur d’une refondation libérée, aussi bien des considérations étroites des clans que des chapelles politiques qui ont mené le pays vers l’abîme», estimant qu’«aucune candidature, aucune personnalité, aucun parti seul n’est à même de pouvoir redresser la situation».<