La corporation des journalistes et correspondants de presse de la wilaya de Tizi Ouzou ont marché, hier, dans les artères du centre-ville de Tizi Ouzou pour dénoncer les «pressions multiformes» visant à «étouffer la liberté d’expression» auxquelles fait face leur profession, qui constitue incontestablement un des «principaux fondements de la démocratie». Une manifestation qui s’ajoute aux séries de protestations organisées à travers le territoire national durant ces trois dernières semaines, durant lesquelles le peuple algérien est sorti dans la rue pour demander le départ du système en place, se réapproprier sa souveraineté et la construction d’une véritable démocratie en Algérie. Hier, aux environs de 11h, et après de nombreuses marches pacifiques, organisées par différentes catégories professionnelles et la population, au niveau de la capitale du Djurdjura dans un cadre pacifique, de fraternité et de lucidité, cette fois, ce sont les journalistes et correspondants de presse de la wilaya de Tizi Ouzou qui sont descendus dans la rue pour dire «non au chantage», à la «pression» et à la «censure» dont ils se disent victimes.
Des pratiques qui, estiment-ils, réduisent les espaces d’expression et de libre parole et spolient le peuple de son droit de savoir et de s’informer. Ils ont organisé un rassemblement devant la placette de la Liberté de la presse, mémorial des journalistes assassinés, au centre-ville de Tizi Ouzou, qui a été suivi d’une marche qui les a conduits vers le carrefour du 20-Avril, jouxtant le siège de la Maison de la culture de la wilaya, en passant par le boulevard Abane-Ramdane.
A l’image des précédentes marches populaires, ils ont scandé des slogans hostiles «Basta à la propagande et à la manipulation !» et brandi des pancartes sur lesquelles nous pouvions lire «Oui à la presse libre et libérée de toute censure, chantage et contrainte» ou «Halte à la confiscation de la liberté de la presse et de la voix du peuple». Ils criaient haut et fort : «Le journaliste est l’enfant du peuple», «Halte au harcèlement des journalistes», et autres. Initiée par le Collectif des journalistes de la wilaya de Tizi Ouzou, cette protestation a été décidée à l’issue d’une réunion de travail qui a eu lieu, mercredi dernier, au niveau de la Maison de la presse Malik-Aït-Aoudia.
Une occasion pour dire que le journaliste ne peut pas rester en marge de cette dynamique citoyenne de dimension nationale et à grande portée historique.
«Nous sommes conscients que notre mission, en tant que journalistes, repose sur un principe universel, à savoir celui d’informer librement et en toute responsabilité et, par-dessus tout, étant partie intégrante de ce peuple en lutte, nous, journalistes, ne pouvons rester en marge de cette dynamique citoyenne», dira Samir Leslous, président de l’Association de journalistes et correspondants de Tizi Ouzou (Ajecto).n