La décision de mettre les étudiants en vacances avant la date prévue initialement à cet effet intervient dans un contexte de tension extrême où les Algériens manifestent dans la rue depuis quelque temps exprimant des revendications politiques. Cette décision, qui pourrait avoir l’effet contraire tant elle pourrait ajouter à la tension parmi les étudiants, est pour le moins insondable. Il reste difficile à saisir, en effet, une telle décision comme une tentative de calmer une situation qui semble visiblement se diriger doucement mais sûrement vers l’inconnu. Le fait de vouloir impérativement fermer les enceintes des universités et les cités universitaires durant ces vacances forcées pourrai bien être interprété comme une volonté manifeste d’annihiler un mouvement croissant. Se voulant probablement comme une mesure de détente, celle-ci risque de provoquer une situation de durcissement du mouvement. Les étudiants algériens sont dans une situation de ras-le-bol déjà assez avancé pour pouvoir supporter des décisions abruptes dans des circonstances particulières. Il est évident que les étudiants ne sont pas une catégorie sociale comme les autres. A travers cette catégorie, c’est éminemment l’avenir du pays qui est engagé. Les revendications sociales et éducatives de la sphère estudiantine sont déjà trop nombreuses. Le fait que les étudiants algériens, dans leur écrasante majorité, continuent d’avoir comme principal objectif de poursuivre leurs études à l’étranger est symptomatique d’une crise latente. Une situation de panne qui dure, mais que ne semble pas du tout inquiéter un ministre pour qui un prix Nobel est une affaire dérisoire. Cette décision inattendue du ministre de l’Enseignement supérieur pourrait bien être considérée comme une énième provocation par les masses étudiantes déjà en effervescence et en attente de réponse. En ces moments de tension inédite, il demeure de la plus grande importance d’opter davantage pour une stratégie de détente et non pousser vers plus de tourments.