Lauréate à la surprise générale l’an passé dans le désert californien, Naomi Osaka revient sur la terre de ses exploits avec la pancarte de favorite. Mais dans le sillage de son titre en Australie, la nouvelle numéro 1 mondiale a montré quelques failles et a semblé avoir du mal à gérer ses émotions. Comme une tempête de sable, elle avait tout emporté sur son passage dans le désert californien. Avec une insolente facilité, Naomi Osaka avait écarté une à une ses adversaires à Indian Wells l’an dernier, sortant d’entrée l’une des figures les plus charismatiques du tennis féminin de ces dernières années, Maria Sharapova, avant de marcher sur Karolina Pliskova, Simona Halep et Daria Kasatkina pour s’offrir à 20 ans le premier titre de sa jeune carrière. «Je me rappelle que je voulais juste m’amuser et peut-être espérer atteindre les quarts. Je n’avais jamais été aussi loin dans un tournoi comme celui-ci», a confié la principale intéressée en conférence de presse. Douze mois ont passé, et la Japonaise compte désormais trois trophées à son palmarès. Elle y a ajouté l’US Open et l’Open d’Australie, en toute simplicité. Un succès foudroyant et inattendu qui lui a permis de s’imposer comme la nouvelle patronne du circuit WTA. «Je suis très surpris, comme tout le monde, que Naomi soit devenue si vite numéro 1 mondiale en gagnant deux titres du Grand Chelem d’affilée. J’imagine que c’est difficile à gérer mentalement pour elle», a commenté son compatriote Kei Nishikori, 7e joueur mondial.

Un après-Melbourne mouvementé
À 21 ans seulement, Osaka revient donc à Indian Wells avec un tout nouveau statut de grande favorite. De quoi augmenter la pression déjà palpable sur les épaules de la jeune championne. Après s’être séparée de son coach Sascha Bajin de façon surprenante dans la foulée de son triomphe à Melbourne, elle a semblé ailleurs lors de sa défaite surprenante contre Kristina Mladenovic pour son retour sur les courts à Dubaï. Un revers à la suite duquel elle a reconnu avoir du mal à supporter sa nouvelle notoriété. Subitement au centre des attentions, la Japonaise a expliqué, dans un long texte publié récemment sur son compte Twitter, être bouleversée par ce changement soudain. «Récemment beaucoup de parents m’ont dit que j’étais un modèle pour leurs enfants et j’ai ressenti une immense responsabilité. Quand je suis arrivée à Indian Wells, j’ai vu tous ces gosses qui avaient l’air si heureux de me voir. Ils me demandaient des photos et des autographes… Et honnêtement j’ai eu envie de pleurer, parce que j’ai réalisé qu’il ne s’agissait pas seulement de tennis, mais d’inspirer la prochaine génération. Je me suis rappelée tous les gens qui m’avaient donné envie de réaliser mes rêves», a-t-elle notamment expliqué.

Gagner en tant que numéro 1 mondiale
Impressionnante dans sa gestion émotionnelle de ses deux finales de Majeurs contre Serena Williams à New York puis face à Petra Kvitova à Melbourne, Naomi Osaka semble avoir les ressources pour surmonter ce passage difficile. Son collègue tennisman et compatriote Kei Nishikori en est en tout cas persuadé. «Je suis sûr qu’elle s’habituera à ce nouveau statut et que ça deviendra presque normal pour elle. Je suis persuadé qu’elle s’y fera parce que, pour moi, elle est très forte mentalement. Elle ressentira évidemment plus la pression certains jours, mais j’espère qu’elle pourra profiter aussi de ce moment», a-t-il estimé. De retour dans le tournoi qui l’a révélée, Naomi Osaka pourrait bien être inspirée et franchir un nouveau cap dans sa carrière en gagnant avec le dossard numéro 1 dans le dos. À moins que la pression de la défense de son premier titre et le regard des autres ne la submergent. Mais la Japonaise a apparemment déjà bien retourné le problème dans sa tête avec son équipe. «Il ne s’agit pas de défendre un trophée, mais d’aller en chercher un autre. J’ai l’impression que ça fait 10 ans que j’ai gagné ici avec tout ce qu’il s’est passé depuis», a-t-elle indiqué, tout sourire. De l’autre côté du filet se dressera Kristina Mladenovic, qui l’avait dominée à Dubaï. Victorieuse de la Chinoise Saisai Zheng au premier tour en deux sets (7-5, 6-2), la Française reprend peu à peu confiance en ses capacités. Elle devrait aborder le match inspirée par son exploit récent et prête à rééditer sa performance. Pour Osaka, il y aura vraisemblablement l’envie de prouver que le tournoi émirati a été rapidement oublié et de la revanche dans l’air. De quoi peut-être donner une motivation supplémentaire à la nouvelle reine du circuit, et un peu d’électricité à ce deuxième tour.n