Après l’euphorie du sacre récent et retentissant de son équipe nationale en Coupe d’Asie des nations 2019, le Qatar connaît une passe moins réjouissante. La semaine écoulée, il y a eu l’élimination du Paris Saint-Germain (France), vitrine qatarie sur la scène footballistique européenne, en huitièmes de finale de Ligue des Champions UEFA. C’était avant l’autre coup dur subi hier avec les forts soupçons de corruption qui entachent l’obtention de l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Des suspicions émises par le média britannique le Sunday Times qui affirme « détenir de nouvelles preuves » sur cette éventuelle magouille.

Ce n’est pas la première fois qu’un leak sorte à ce sujet. Mais il semble que les preuves soient concrètes et accablantes cette fois. Le Qatar est dans la tourmente depuis hier. Des stratagèmes financiers auraient permis de verser de l’argent à la Fédération internationale de football (Fifa) pour la convaincre de lui attribuer le statut de pays hôte de la prochaine messe universelle.
Ainsi, le Sunday Times a mentionné que « la chaîne de télévision Al-Jazeera (détentrice de beIN Sports), propriété de l’État qatari, a effectué deux paiements de 400 et 480 millions de dollars à la Fifa pour décrocher un accord secret concernant la diffusion des rencontres. Ces deux virements supposés auraient été effectués 21 jours avant la désignation du pays organisateur, au moment où la Fifa venait justement de clore son enquête concernant des soupçons de corruption». Cette coïncidence dans les virements s’apparenterait à un achat, pur et simple, de l’organisation de tournoi planétaire. Cela prouve l’« existence de versements de 880 millions de dollars au total afin de s’assurer la victoire lors du vote du pays hôte de la Coupe du monde qui a eu lieu en décembre 2010 », pouvait-on lire dans le quotidien anglaise.

Que fera la FIFA d’Infantino ?
Toutefois, des experts expliquent  qu’ « il serait compliqué de justifier le contrat télévisuel puisque celui-ci est cinq fois plus important que ceux habituellement signés.»
Une anomalie intrigante. Pour beaucoup, ça serait un montage financier qui permet de noyer les primes. Surtout qu’Al-Jazeera a promis d’offrir 100 millions de dollars si le Qatar remportait le scrutin de la Coupe du monde en 2010.
Tant de donnés qui viennent accentuer les accusations qui datent de quelques années déjà sur les conditions étranges ayant permis à l’empire gazier de devenir le premier pays arabe à abriter la compétition suprême de la balle ronde universelle. Pour rappel, en novembre 2014, le président de la chambre de jugement de la commission d’éthique de la Fifa, Hans-Joachim Eckert, avait rendu ses conclusions à partir du rapport d’enquête réalisé par l’ex-procureur américain Michael Garcia sur l’attribution des Mondiaux 2018 et 2022. Il avait estimé que si des éléments douteux avaient accompagné le processus, ils étaient « de portée très limitée ». L’instance mondiale n’a toujours pas commenté l’information sortie par le Sunday Times. Ce qui est sûr c’est que Gianni Infantino, boss de la Fifa, sera inévitablement confronté à l’effet boomerang de cette affaire. On ne peut pas dire que son prédécesseur, Sepp Blatter, lui a fait une fleur en lui laissant un dossier qatari très complexe avec toutes les zones d’ombre qu’il comporte. La réaction de la structure sise à Zurich (Suisse) est très attendue.