Hier, les lycéens se sont aussi mis de la partie, ainsi que les collégiens. Ils sont sortis dans la rue pour manifester, suscitant désordre et incompréhension au sein d’une société algérienne qui redoute le pire en ces moments où la nation est sous tension.
L’effervescence actuelle qui ébranle le pays et la crise politique qui la sous-tend participe à une ambiance exacerbée, où la rumeur le dispute à la manipulation. Autant les universitaires, les avocats et d’autres franges de la société sont dans leur rôle de précurseurs et d’éclaireurs de la société, notamment dans ces phases importantes de l’histoire du pays, autant le déferlement des écoliers dans les rues et quartiers est source d’inquiétudes.
La société dans sa globalité, même dans les conjonctures les plus instables, se doit de les protéger et les circonscrire loin de toute manipulation.
Laisser sortir les lycéens et les collégiens dans la rue au prétexte d’une grève annoncée sur les réseaux sociaux et dont les initiateurs restent inconnus est pour le moins irresponsable. La place de cette frange de la société est bien dans les classes et non dans les rues pour scander des slogans dont ils ne savent que sommairement la signification.
Les collégiens se doivent de rester derrière leurs parents dans ces moments d’incertitudes et non pas se laisser entraîner par l’atmosphère de désordre aux finalités inconnues. Les premiers responsables des établissements scolaires, c’est-à-dire les directeurs, sont directement fautifs.
Les professeurs sont aussi garants de la sécurité des élèves durant les périodes de classe. Les parents des élèves livrés à la rue vivent désormais une grande inquiétude et sont en droit de leur demander des comptes. Les Algériens ont le droit de revendiquer le changement de la gouvernance et l’amélioration de leurs conditions de vie. Mais il ne s’agit pas d’arracher des acquis en permettant la prise en otage de la partie la plus vulnérable de la société.