La crise politique algérienne induite par la donne nouvelle, celle de la rue et le déferlement des Algériens exprimant des revendications politiques, suscite toujours des réactions d’attentisme, voire d’embarras parmi les partenaires traditionnels de l’Algérie.

Un expert de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) a qualifié la situation en Algérie de «phénomène démocratique ordinaire et pas inquiétant», à l’image de ce qui s’observe dans plusieurs pays européens dont l’Italie, a rapporté l’APS.
Pour cet expert «la situation n’est pas alarmante, d’autant que l’Algérie a des institutions et un régime démocratique permettant au peuple de choisir ses dirigeants via les urnes», ajoute cette source. Voilà pourquoi, estime-t-il, la conjoncture actuelle en Algérie ne peut être comparée à celle vécue par la Libye du temps de Kadhafi. Pour les experts de l’Otan l’Algérie reste un pays plutôt stable de par ses structures étatiques et ses institutions. En Algérie il y a des élections, «on peut ne pas être d’accord avec le processus, mais il y a une certaine démocratie en Algérie», considère-t-on. La situation de tension politique actuelle ? «Il y a une dialectique démocratique, d’ailleurs après les manifestations les gens nettoient les rues à Alger, en Europe ce n’est pas le cas». Pour l’Otan la stabilité de l’Algérie est très importante pour la région. «L’Algérie est capable de gérer les défis auxquels elle est confrontée», a soutenu l’expert. La crise politique algérienne induite par la donne nouvelle, celle de la rue et le déferlement des Algériens exprimant des revendications politiques, suscite toujours des réactions d’attentisme, voire d’embarras parmi les partenaires traditionnels de l’Algérie. Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a mis en garde hier contre les risques que posent, selon lui, les manifestations dans «des Etats de la région». «Actuellement, dans des Etats de notre région, les gens parlent de la situation économique et des conditions (de vie), et ainsi, ils gâchent leur pays, le conduisent à sa perte», a déclaré Sissi sans citer les noms des Etats en question. La Commission européenne avait appelé, de son côté au respect «de la liberté d’expression et de réunion» en Algérie. «Plusieurs candidats ont soumis leur candidature», avait constaté la porte-parole de l’UE, «il appartient maintenant au Conseil constitutionnel algérien de confirmer leur conformité par rapport à la Constitution et la loi électorale».

Inquiétude embarrassée
L’embarras de la France officielle vis-à-vis de ce qui se déroule en Algérie semble également apparent. La relation entre les deux pays étant telle que l’effervescence en Algérie semble suivie avec inquiétude. Il faut laisser le processus électoral se dérouler en Algérie, «pays souverain» dont la stabilité est «essentielle», avait déclaré, le 6 mars dernier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Alors que les médias français consacrent désormais de larges plages à la situation en Algérie, sur le plan officiel, l’heure est à l’observation embarrassée. «Je constate aussi que les manifestations sont restées pacifiques et que les forces de sécurité ont apporté une réponse mesurée», avait considéré le ministre français. «Je souhaite vraiment que cet esprit de responsabilité puisse perdurer et que le peuple algérien trouve les voies de sortie de cette crise», avait ajouté Le Drian, pour qui «ce qui se passe en Algérie a des liens directs et un fort retentissement en France». Le chef de la diplomatie française a aussi décrit l’Algérie comme un «pays clé en Afrique et en Méditerranée». «C’est pourquoi la stabilité, la sécurité et le développement de l’Algérie sont tout à fait essentiels et, c’est dans cet esprit, que la France appréhende cette échéance cruciale en Algérie», avait-t-il déclaré. Les Etats-Unis semblent, de leur côté, dans une posture d’observation. Washington avait réagi la semaine passée par la voie du porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino, aux manifestations. La position des Etats-Unis semble toutefois plus tranchée que celle de l’Union européenne ou encore la France. «Les Etats-Unis soutiennent le peuple algérien et son droit à manifester pacifiquement», avait déclaré le responsable américain. «Nous observons les manifestations en Algérie et nous allons continuer à le faire», avait-t-il fait savoir.