Des efforts ont été fournis pour améliorer le climat des affaires dans le domaine pétrolier. Mais, il reste encore du travail à faire pour accroître la confiance dans ce secteur et le rendre plus attractif. Les failles et les insuffisances dont il souffre ont été abordées sans détour, à l’occasion de la 9e édition de la North Africa Petroleum Conference (Napec) qui se tient depuis hier à Oran.

Présent à cette rencontre, Ivan Fuery, vice-président d’Equinor (anciennement Statoil), une compagnie norvégienne spécialisée dans les énergies pétrolière et éolienne, cité par des agences de presse, a souligné que l’Algérie était dans l’obligation de devenir compétitive dans le domaine des énergies face aux pays producteurs de pétrole et de gaz.
Pour lui, la priorité absolue est de stabiliser le régime fiscal afin de rassurer les investisseurs étrangers. Equinor fait partie des sociétés étrangères qui mènent avec réussite des activités dans le pays depuis de longues années. Elle y a beaucoup investi et continue à le faire.
Pour sa part, Jean-Pascal Clemonçon, directeur général de Total E and P Algérie, a estimé que les autorités algériennes devraient mettre en place un système plus souple pour permettre aussi bien à l’administration qu’aux opérateurs de travailler dans de bonnes conditions. Il a dit espérer voir une future loi sur les hydrocarbures plus adaptée aux nouvelles réalités du terrain.
Cette future loi, précisément, est attendue depuis des mois par les partenaires de l’Algérie. En attendant, certains de leurs représentants présents à la Napec ont clairement expliqué que les conditions actuelles étaient loin d’encourager l’investissement massif espéré par les autorités algériennes. Il est attendu que l’environnement général de l’investissement soit toiletté dans le cadre de ce projet de loi. Mais, dans l’attente d’une réelle éclaircie, Sonatrach et ses partenaires continuent, dans le cadre de l’actuelle législation pétrolière, à pomper du pétrole dans les gisements du Sud, une région généreuse dont ils pourraient tirer davantage d’hydrocarbures s’ils y mettaient les moyens, notamment technologiques.
Ils étendent également leurs activités on-shore. Pour de nombreux experts, il est encore possible d’améliorer le taux de récupération actuel des gisements d’hydrocarbures (estimé à 25-30% pour le pétrole, et à 70-80% pour le gaz). Les gisements de Hassi Messaoud et Hassi R’mel, à eux seuls, contiennent près de 55% des réserves prouvées restantes récupérables, soit plus de deux milliards de Tep (Tonne équivalent pétrole). Poussant les limites beaucoup plus loin, Sonatrach veut être présente partout où il y a du pétrole, et pas nécessairement au Sud (sur terre, Onshore), c’est un maillage qu’elle veut mettre en place à moyen et long terme. Elle a du reste affiché ses ambitions d’aller vers l’offshore. Sauf qu’elle ne semble pas suffisamment outillée pour pouvoir s’engager dans une telle entreprise.
Elle compte beaucoup sur ses partenaires étrangers dont la Norvégienne Statoil, un leader mondial fortement présent en mer du Nord, l’eldorado de l’offshore. L’idée est de reconstituer ses réserves d’hydrocarbures et d’augmenter sa production. Il reste que la production à tirer de l’offshore, si toutefois les opérations de prospection aboutissent, ne peut être effective que dans huit à dix ans.<