La nouvelle loi sur les hydrocarbures sera adoptée durant le second semestre de l’année en cours. L’annonce a été faite, hier, par le ministre de l’Energie Mustapha Guitouni, lors d’un discours prononcé à Oran à l’occasion de la tenue de la 9e édition du North Africa Petroleum Exhibition & Conference (Napec). Les nouveautés de cette nouvelle loi ne seront donc connues que durant la seconde moitié de 2019. Les modifications apportées à l’ancienne loi, qui date de 2013, toucheront essentiellement les dispositions juridiques et fiscales « afin d’encourager le partenariat gagnant-gagnant et inciter les investisseurs à venir en Algérie », souligne le ministre de l’Energie. « La refonte de la loi sur les hydrocarbures s’est faite sur la base d’une large concertation avec nos partenaires et autres experts qui ont toujours manifesté un intérêt particulier pour notre pays. Notre objectif est encore une fois de créer un climat d’affaires plus propice, d’autant que les ressources potentielles conventionnelles et non conventionnelles sont immenses », explique M. Mustapha Guitouni. Réussir cet énième exercice de réforme n’est pas des moindres. Il le sait très bien. Il s’agit de remettre sur rails l’investissement dans les hydrocarbures et faire repartir, par la même, la croissance dans le secteur.
L’année 2018 s’était soldée par une importante baisse de la croissance dans le secteur pétrolier et gazier (-8,2%) ; une des pires contreperformances de la dernière décennie, malgré les capitaux injectés par Sonatrach dans l’investissement. Selon les données communiquées hier par le ministre de l’Energie, les investissements du groupe Sonatrach ont atteint 9,9 milliards de dollars en 2018.
L’activité exploration et production a consommé à elle seule 81,82% du montant total des investissements, soit 8,1 milliards de dollars. Durant cette même année, les investissements dans les activités transport par canalisation et transformation (liquéfaction et séparation, raffinage et pétrochimie) ont représenté respectivement 6%, 0,6% et 9,1% du montant total. Durant les dix dernières années (2008-2017), le groupe Sonatrach a investi « pas moins de 101 milliards de dollars (soit 8 300 milliards de dinars) pour l’ensemble des activités de la chaîne pour produire 2 031 millions TEP d’hydrocarbures », a indiqué le ministre de l’Energie, lors de son discours d’ouverture du Napec 2019. Ses chiffres sur les montants alloués par Sonatrach à l’investissement contrastent, néanmoins, avec la croissance molle du secteur, voire avec les tendances baissières aussi bien au plan de la production primaire d’hydrocarbures qu’en matière de volumes dédiés à l’export.
En témoignent les rapports annuels du groupe et les notes de conjonctures de la Banque d’Algérie. Sans l’ombre d’un doute, la faiblesse des investissements étrangers durant la dernière décennie a pesé sur les réalisations du secteur.
En effet, sur les 69 périmètres de recherche et d’exploitation proposés dans le cadre des quatre appels d’offres émis sur la période 2008-2014, seulement 10 périmètres ont été attribués, a souligné M. Mustapha Guitouni. D’où l’enjeu de réussir la réforme de la loi sur les hydrocarbures dans le but d’améliorer l’attractivité de l’Algérie dans le domaine des hydrocarbures. Pour améliorer la connaissance du domaine minier et estimer son potentiel en ressources d’hydrocarbures non conventionnels, une première étude d’envergure est en cours, pour en évaluer le potentiel en place, à travers 7 bassins du Sahara algérien, a annoncé, pour sa part, l’Agence Alnaft.
« Les premiers résultats, de cette étude, sont plus qu’encourageants », indique-t-on. Ils repositionnent l’Algérie à la troisième place en termes de volume des ressources en gaz de schiste après les USA et la Chine et à la septième place après l’Australie pour son potentiel en pétrole de roche mère ; actualisant ainsi le dernier classement de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). « Ainsi, le volume en place de gaz est estimé à 891 Tcf récupérables avec un taux de récupération de 20%, équivalent à neuf fois les réserves de Hassi R’Mel.
Pour ce qui est du pétrole, le volume en place est estimé à 16,5 Gbbls récupérables avec un taux de récupération de 5%, équivalent à un deuxième Hassi Messaoud », indique un responsable d’Alnaft qui a lu un discours au nom du président du comité de direction de cette agence. Il fait constater sur sa lancée que l’agence Alnaft a lancé quatre autres études de potentiel de bassins du domaine minier, confiées à des bureaux d’études de renom.
Par ailleurs, huit conventions d’études de potentiel sur différents périmètres du domaine minier, dont quatre concernent l’offshore, ont été signées avec différentes compagnies pétrolière partenaires ayant la maîtrise et le savoir-faire technologiques, a-t-on indiqué également.