La visite de travail et d’inspection du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire Nourddine Bedoui, qui était annoncée à la veille des évènements que connait l’Algérie, a dû être annulée. Il devait être accompagné, selon nos sources, par quatre autres ministres (Tourisme, Sports, Ressources en eau et Commerce).

Sur son agenda figuraient, entre autres, l’inauguration officielle de l’école des ingénieurs de la ville sise à Chetouane, l’inspection du projet de réalisation du nouveau siège de sûreté de daïra de Chetouane, la présidence d’une cérémonie qualifiée d’exceptionnelle par le wali, dédiée à la distribution de 10 000 logements, toutes formules confondues(LPP, LSP, AADL, LPA), l’inauguration du jardin public dit «La Pépinière» de El Hartoun (Tlemcen), ainsi que le parc de Riad El Kébir…
A Maghnia, l’inauguration du nouveau siège de la daïra, la réouverture officielle de l’hôtel «La Tafna» après quatre (04) années de fermeture pour sa mise à niveau et l’inspection du projet de réhabilitation du système hydraulique du périmètre irrigué de la plaine de Maghnia d’une superficie de 7 150 ha dont 3 000 ha d’extension et lequel générera 21.000 postes d’emploi, comptaient parmi les points de cette visite. En vue de présenter un décor agréable à cette occasion, une opération de lifting urbain avait été initiée par les autorités locales de Tlemcen. Ainsi, pas moins de 9 ronds-points ont été ornés de jets d’eau ; ils sont implantés à Bab Wahrane, non loin du siège de la wilaya, Sidi Boudjemaâ, à côté du grand bassin, la Metchkana, à hauteur de l’hôtel Les Zianides, Abou Tachfine, en face de la nouvelle gare routière, entre autres… Chose ubuesque dans ce projet « esthétique », c’est l’absence d’éthique, tant sur le plan écologique que financier : les fleurs et les plantes constituant le décor des jets d’eau sont en… plastique et chaque vasque garnie aurait coûté la bagatelle de un milliard deux cents millions de centimes, à travers un marché passé de gré à gré, selon une source bien informée.
En outre, des poubelles en polyester auraient été acquises pour un prix de un million l’unité auprès d’une entreprise domiciliée à Bordj Bou Arreridj, croit-on savoir ; elles ont été installées au centre-ville (Blass) et en bordure des principaux boulevards (Bd Colonel Lotfi, Bd Pasteur, Bd des 24 mètres, Allée des pins…). A Chetouane (commune du grand Tlemcen), le rond-point principal représentant l’entrée de la localité a changé d’aspect ; lampadaires flambants neufs, tableau électronique (date, température), palmiers «lumineux» font partie du nouveau décor, outre des banderoles en toile cirée faisant en arabe et en tamazight la promotion «citoyenne» des prochaines présidentielles. On ignore le montant de la facture de ce projet d’embellissement de cet ouvrage giratoire.
A noter par ailleurs que les travaux ont causé d’énormes désagréments aux usagers de la route (se dirigeant vers Chetouane, Tlemcen, Remchi, Bensekrane, Sidi Bel Abbès…), à travers les bouchons quotidiens à ce niveau, générant retard, stress, gaspillage de carburant…n