La grève générale entamée depuis avant-hier dans plusieurs régions du pays n’est pas du goût de nombreux citoyens et organisations de la société civile. Lancé par des anonymes sur les réseaux sociaux, le mot d’ordre de grève, même suivi par plusieurs régions, est au centre d’une polémique sur ces mêmes réseaux. Des appels à mettre fin à cette action sont lancés depuis le premier jour du débrayage. Hier encore des appels ne cessent de faire le tour de la blogosphère nationale, mettant en garde contre la poursuite de la grève. « Cette action ne fera que démobiliser le citoyen », écrivent des internautes qui partagent, sans cesse, des images de villes mortes. L’appel qui a été entendu par plusieurs entreprises, comme le port de Béjaïa, le complexe sidérurgique d’El Hadjar, où même des travailleurs de Sonatrach ont entamé des débrayages. A cette situation s’ajoute la fermeture systématique des commerces dans plusieurs villes, des écoles, des administrations … Pour faire face à cette situation que d’aucuns qualifient de « dangereuse » et de « douteuse », les appels à mettre fin à la grève fusent de partout. Avant-hier, c’est la ministre de l’Education nationale, Mme Nouria Benghebrit qui a appelé les parents et les enseignants à
« protéger » l’école de toute tentative d’instrumentalisation politique. Plusieurs autres animateurs de la société civile ont appelé, pour leur part, à la reprise du travail, des cours et de la vie normale dans les villes. Hier, c’étaient les opérateurs de la ZAC Taharacht-Akbou qui ont appelé les travailleurs à reprendre le boulot. Dans leur déclaration, ils réaffirment
« leur pleine adhésion aux revendications exprimées massivement et pacifiquement par le peuple algérien » et se déclarent « mobilisés pour un dénouement pacifique de la crise que traverse le pays ».
« Prenant acte des inquiétudes exprimées quant à une dangereuse perturbation du marché avec l’apparition de vives tensions sur divers produits et considérant qu’un service minimum auquel appellent l’ensemble des acteurs sociaux et politiques les plus connus ne peut se matérialiser sans l’implication du secteur productif », ils appellent l’ensemble des travailleurs de la ZAC Taharacht à rejoindre leur poste de travail mardi 12 mars ». Cette déclaration signée par tous les opérateurs activant dans la zone industrielle d’Akbou se veut un cri d’alerte pour mettre fin à un débrayage qui n’a finalement pas lieu d’être.